Inception

Un des double vitrage de ma véranda s’est brisé pour une raison encore inconnue et j’ai pris une journée de congé pour régler les problèmes d’assurance, d’étanchéité et tutti quanti. Je m’en serait bien passé mais j’ai profité de quelques heures de libre en fin de journée pour aller voir Inception, le dernier film de Christopher Nolan. Je suis dans une phase ou je ne remet pas au lendemain ce dont je peux profiter le jour même et j’avais très envie d’aller voir le film. J’ai d’ailleurs bien fait de ne rien lire sur le film. Il y a un gros buzz (compréhensible) sur le film et en tapant inception dans le moteur de recherche de mon lecteur rss je me suis déjà retrouvé avec une liste d’articles longue comme le bras (et je ne vous parle pas de Google).
Le film est très très bon, passionnant et stimulant à la fois. C’est le genre de film qui peut être lu à plusieurs niveaux et qui voit déjà fleurir de multiples interprétations. La plus intéressante se trouve ici sur Chud (à ne pas lire si vous n’avez pas encore vu le film). Voici également la critique de l’incontournable Roger Ebert et une analyse détaillée sur Salon et un prequel sous forme de comics.
Le film traite de fine membrane entre le rêve/imaginaire et la réalité. Je vous passe les détails de l’histoire, vous les lirez partout sur Internet. Par contre , le film a très bien fonctionné sur moi et ce pour une raison très étrange : plusieurs parties importantes du film (les totems et la ville près de la plage) existent depuis longtemps dans l’un de mes rêves. Et pas n’importe quel rêve mais mon seul rêve récurent depuis une vingtaine d’années. Je ne sais pas si ce sont des archétypes qui se retrouvent chez d’autres personnes mais cela m’a procuré un léger sentiment de chute libre durant la projection. Tout à fait de circonstance pour ce genre de film. Hautement conseillé…




âge d’or 2010

Le temps est revenu de s’enfermer dans la salle de la cinématèque(tek) lorsqu’il fait beau dehors et que tout le monde regarde le foot. C’est d’ailleurs devenu une tradition pour moi d’essayer d’aller voir un film le soir de la finale : le contraste entre le calme du musée du cinéma et l’agitation de la ville est toujours amusant.
Je vais rater les premiers jours suite à des obligations professionnelles et des rendez-vous, mais je vais essayer de me rattraper par la suite.
Ci dessous le programme, que je vais annoter au fur et à mesure…
Update : nous sommes le 9 et n’ai pas encore eu l’occasion d’aller voir grand chose (je vais les surligner en bleu) mais l’équipe réduite à la bibliothèque et autres vernissages font que je termine souvent tard…

Jeudi 1er juillet 2010

    17h00 The Anchorage
    d’Anders Edström & C.W. Winter, USA – Suède 2009
    À travers de petites phrases extraites de son journal intime en voice over et de longues séquences contemplatives se dessine la vie quotidienne de Ulla. La cinquantaine, Ulla habite dans l’isolement d’une île de l’archipel de Stockholm où elle mène une vie — apparemment — en complète harmonie avec la nature et avec elle-même. Avec une caméra qui demeure en retrait, nous suivons ses gestes routiniers, esquissés chaque fois avec de subtiles variations. Un jour un mystérieux chasseur pénètre dans son univers et perturbe l’équilibre… Ce premier film sobre et méditatif, avec de magnifiques images de la nature suédoise, a remporté le Léopard d’or dans la Section «Cinéastes du Présent» au festival de Locarno.
    19h00 La religieuse portugaise (A religiosa Portuguesa)
    de et avec Eugène Green, Portugal – France 2009
    Un film dans le film, avec Eugène Green incarnant lui-même un cinéaste français qui tourne un film dans les rues de Lisbonne à partir d’un texte du 17è siècle retraçant la vie d’une nonne. La jeune comédienne qui incarne le rôle principal, débarque pour la première fois à Lisbonne — bien qu’elle ait une mère d’origine portugaise — laissant derrière elle ses problèmes affectifs. Si elle flirte brièvement avec l’acteur principal du film, elle trouve en fin de dompte son réconfort auprès d’une jeune nonne portugaise qu’elle rencontre sur le plateau de tournage. Tous les éléments stylistiques qui ont fait la marque d’Eugène Green dans ses films précédents (Le monde vivant et Le Pont des Arts), à savoir: dialogues maniérés, plans fixes, et musique transcendantale, se retrouvent dans ce film intriguant.
    21h15 Nothing personal
    d’Urszula Antoniak, Irlande – Pays-Bas 2009
    Une jeune hollandaise, désespérée et en quête de consolation, s’échappe de son quotidien pour les verts paturages de l’Irlande. Au cours de son périple solitaire, elle découvre une ravissante petite fermette qui borde un lac. Elle y reçoit logement et couvert en échange d’un travail que lui propose un homme d’âge mûr, attentionné et courtois (un rôle sur mesure pour Stephen Rea). Bien que leurs rapports ne soient que ‘professionnels’, une belle intimité semble naître entre eux. La réalisatrice polonaise Urszula Antoniak, qui réside aux Pays-Bas, a triomphé avec ce premier film parfaitement maîtrisé au dernier festrival de Locarno (pas moins de 6 prix). Nothing personal est aussi le film art et essai le plus populaire de la dernière décénie aux Pays-Bas.

Vendredi 2 juillet 2010

    17h00 Nénette
    de Nicolas Philibert, France 2010
    Elle a 40 ans, habite à Paris, a de longs poils roux, aime boire une tasse de thé et s’appelle Nénette. La star du nouveau film de Nicolas Philibert (et avoir, Le pays des sourds, etc.) est une personnalité extraordinaire et l’une des orang-outans qui vivent dans la populaire « singerie » de la Ménagerie du Jardin des Plantes. Nénette est une vraie professionnelle : elle regarde avec indifférence les milliers de visiteurs qui défilent devant sa cage de verre et cherchent à attirer son attention. Philibert ne filme que les singes et monte sur les images les commentaires des visiteurs qui restent toujours en dehors du cadre. Un documentaire attachant. « C’est un film sur le regard, la représentation. Une métaphore du cinéma, en particulier du documentaire comme captation et comme capture ; puisque filmer l’autre, c’est toujours l’emprisonner, l’enfermer dans un cadre, le figer, dans l’espace et dans le temps » (Nicolas Philibert).
    19h00 Boxing Gym
    de Frederick Wiseman, USA 2010
    À 80 ans, l’un des maîtres du documentaire, Frederick Wiseman décrit la vie d’une petite salle d’entraînement de boxe et de fitness à Austin (Texas). Membre du club le temps du tournage, avec la même pudeur et la même indiscrétion que les autres utilisateurs, la caméra glane le mouvement des corps, les chorégraphies martiales, le rythme obsessionnel des exercices, les échanges amicaux entre pugilistes du dimanche et professionnels, hommes et femmes, de l’enfance au troisième âge, gens de tout bords aux motivations disparates, sur le ring, à côté, dans les vestiaires, au bureau des inscriptions… Une tranche d’Amérique quotidienne saisie avec maestria par l’auteur de Titicut follies.
    21h00 Mon bonheur (Schastye moe)
    de Sergei Loznitsa, Allemagne – Ukraine – Pays-Bas 2010
    Un chauffeur de poids lourd s’égare et se retrouve sur une route déserte dans la campagne Russe, loin de toute âme qui vive. Une nuit, trois vagabonds essayent de s’en prendre à sa cargaison. Une rencontre qui va l’entraîner dans un monde provincial inhumain, où règnent la violence et l’anarchie. Le traitement naturaliste de l’image et le choix du format panoramique exposent un style visuel très expressif, et accentuent le danger perpétuel qui menace les personnages. Le documentariste Sergei Loznista livre avec My Joy un premier film percutant qui peut être vu comme une version modérée du Cargo 200 d’Alexei Balabanov.

Samedi 3 juillet 2010

    17h00 Film Socialisme
    de Jean-Luc Godard, France – Suisse 2010 Patti Smith, Alain Badiou, Robert Maloubier / couleur / 110′
    Le dernier film de Jean-Luc Godard est une expérience intellectuelle ainsi que physique. Une symphonie en trois mouvements : Des choses comme ça — En Méditerranée, la croisière du paquebot. Multiples conversations, multiples langues entre des passagers presque tous en vacances. Notre Europe — Le temps dune nuit, une grande sœur et son petit frère ont convoqué leurs parents devant le tribunal de leur enfance. Ils demandent des explications sérieuses sur les thèmes de liberté, égalité, fraternité. Nos humanités — Visite de six lieux de vraies/fausses légendes, Egypte, Palestine, Odessa, Hellas, Naples et Barcelone.
    19h00 Indigène d’Eurasie
    de et avec Sharunas Bartas, France – Russie – Lituanie 2010 Elisa Sednaoui, Klavdia Korshunova / couleur / ST: ANGL / 111′
    Le très estimé réalisateur lituanien Sharunas Bartas reprend à son compte le rôle principal de ce thriller glacial. Il se glisse dans la peau de Gena, un criminel peu loquace, la quarantaine, qui essaye de s’en sortir après s’être fait prendre dans les mailles toujours plus serrées d’un réseau de trafic de drogue. Dans sa fuite, il traverse l’Europe, de la France à la Pologne, la Lituanie, la Biélorussie et la Russie. Dans ce film noir très rythmé, Bartas renonce à son austérité caractéristique (les dialogues sont étonnamment nombreux !) et prouve sa maîtrise complète du genre. On retient aussi la photographie éblouissante (Moscou bleu cobalt), le jeu fluide de la caméra et la remarquable bande son d’Alexander Zekke.
    21h00 Comment j’ai passé cet été (Kak ya provyol etim letom)
    d’Aleksei Popogrebsky, Russie 2010 Grigoriy Dobrygin, Sergei Puskepalis / couleur / ST: ANGL / 124′

Dimanche 4 juillet 2010

    17h00 Chantrapas
    d’Otar Iosseliani, France – Géorgie 2010 David Tarielashvili, Nika Endeladze, Tamuna Karumidze / couleur / ST: FR / 122′
    Une esquisse semi-autobiographique du cinéaste vétéran Otar Iosseliani (Les favoris de la lune, La chasse aux papillons) sur les allées et venues d’un réalisateur géorgien qui veut faire des films dans son pays natal d’avant la glasnost. Confronté à l’absurdité idéologique de toutes sortes, il décide de s’installer en France pour y tenter sa chance mais découvre rapidement que l’Ouest libre entrave tout autant son travail que les censeurs soviétiques endoctrinés. À l’exception de Bulle Ogier et de Pierre Etaix, les acteurs sont non professionnels — comme c’est souvent le cas chez Iosseliani. Une comédie magistrale avec un scénario sans grands rebondissements mais bourré d’un humour lapidaire et de trouvailles visuelles.
    19h15 Octobre (Octubre)
    de Daniel Vega & Diego Vega, Pérou 2010 Bruno Odar, Gabriela Velasquez, Carlos Gasols / couleur / ST: FR / 83′
    Pour Clemente, un prêteur sur gages misanthrope, les afffaires vont bien jusqu’au jour où, revenant de chez une prostituée, il trouve un bébé dans un panier en rentrant chez lui. Sa routine quotidienne est remise en cause lorsqu’il décide de retrouver la mère supposée, une prostituée, et de confier l’enfant à sa voisine dévôte qui emménage chez lui. Avec ce premier film, les jeunes frères Daniel et Diego Vega apportent ” leur interpétation du cinéma de Robert Bresson, Aki Kaurismaki et Jim Jarmusch » tant sur le plan du contenu qu’au niveau du style et de la palette de couleurs. Alors que cela faisait 15 ans qu’un film péruvien n’avait pas été repris dans la sélection officielle du festival de Cannes, Octubre a obtenu illico le Prix du Jury dans la section Un Certain Regard.
    21h00 Totó
    de Peter Schreiner, Autriche 2009 Antonio Cotroneo, Angela Simonelli, Gaetàno Dimarzo / NB / ST: ANGL / 128′
    Un documentaire intense sur le mal du pays d’immigré italien, Totó, qui travaille à Vienne comme portier depuis des années et retourne régulièrement dans son village natal Tropea. Et parce que le film parle précisément de tout ce qui manque à Totó, Schreiner concentre sa caméra non pas sur la vie viennoise mais sur le village côtier de Calabre, avec ses petites maisons délabrées, ses falaises, ses touristes et, surtout, les vieux amis de Totó. L’approche radicale et sans compromis du documentariste Peter Schreiner (images monochromes, série de gros plans extrêmes, bande son épurée) fait de ce portrait poétique une expérience visuelle et sensorielle inoubliable.

Lundi 05 juillet 2010

    17h00 Fin
    de Luis Sampieri, Espagne 2010 Irene Garres, Ramia Chaoui, Sergi Gibert / vidéo / couleur / ST: ANGL / 89′
    Trois adolescents qui ne se connaissent qu’à travers leur screen names sur Internet forment le pacte de se suicider ensemble. Ils se rencontrent pour la première fois dans la “vraie vie” sur un chemin perdu. Mais quand il apparaît que l’un des trois internautes est une jeune fille musulmane, les plans changent et les esprits s’échauffent. Un film sans compassion sur la banalité de la mort et l’absence de sentiments de l’ère informatique. Une réalisation sobre, parée d’une bande musicale remarquable avec sitar et flûtes.
    19h00 Elbowroom
    de Ham Kyoung-Rock, Corée Du Sud 2010
    Park Ji-Won / vidéo / couleur / ST: ANGL / 102′
    Un drame néoréaliste dur, sur une jeune femme coréenne qui souffre d’une infirmité motrice cérébrale, mais veut vivre de façon aussi autonome que possible malgré ses capacités physiques limitées. Le personnel de l’institution catholique où elle réside avec d’autres compagnons d’infortune lourdement handicapés ne fait pas grand cas des valeurs chrétiennes et abuse régulièrement de la position de faiblesse des pensionnaires. Le point de non-retour est atteint quand il s’avère que la jeune femme est enceinte. Un film surprenant, filmé dans un style documentaire porté jusqu’au bout par l’interprétation magnifique de l’actrice Park Ji-Wo dans le rôle principal.
    21h00 Agua Fria De Mar
    de Paz Fábrega, Costa Rica – France – Espagne 2010
    Lil Quesada Morúa, Montserrat Fernández / couleur / ST: ANGL / 80′
    Un couple de jeunes et riches Costaricains, en route vers leur hôtel, rencontrent au milieu de la nuit une fillette de 7 ans enfuie de chez elle. Ils décident de passer ensemble la nuit dans la voiture. Mais le lendemain matin, l’enfant a disparu sans laisser de traces. À travers une série de situations insignifiantes, vite banales, Paz Fabrega esquisse de manière subtile les parallèles entre une jeune femme et une petite fille qui veulent toutes les deux échapper à leur environnement oppressant. Ce premier film, né dans des circonstances difficiles, va à l’encontre des clichés habituels. Le décor paradisiaque devient une nature menaçante et de la mignonne fillette émane même une certaine menace. Couronné par le Tiger Award lors de la dernière édition du festival du film de Rotterdam.

Mardi 06 juillet 2010

    17h00 Le départ de Myna (Myna se va)
    de Sadrac González & Sonia Escolano, Espagne 2009
    María del Barrio, David López-Serrano Páez, Diana Facen / vidéo / couleur / ST: FR / 117′
    Une jeune immigrée clandestine travaille comme bonne chez un couple bourgeois et leur jeune fils. Alors que le couple est en voyage, le petit garçon est blessé accidentellement. En raison de sa situation illégale et du risque d’expulsion, Myna évite l’hôpital et part à la recherche d’une solution alternative pour sauver l’enfant. Survivre en marge de la société prend ici un sens nouveau. Un film “zéro budget” saisissant — à tout le moins par sa scène de viol filmée en un plan-séquence de 33 minutes, qui a demandé trois mois de travail à l’actrice principale (la jeune révélation Maria Del Barrio).
    19h15 L’étrange affaire Angélica (O estranho caso de Angélica)
    de Manoel de Oliveira, Portugal 2010
    Pilar López de Ayala, Ricardo Trêpa, Filipe Vargas / couleur / ST: ANGL / 94′
    Le 49e film du vétéran du cinéma, apparaît comme une étrange histoire d’amour en forme de conte fantastique ou métaphysique. Un soir des années ’50 dans la région du Douro, un photographe est sollicité pour figer l’ultime portrait d’une jeune fille décédée dans l’après-midi, peu après ses noces. Une relation obsédante, défiant le clivage entre la vie et la mort va naître entre l’artiste et le modèle. Fidèle à une inspiration personnelle joliment indifférente aux critères commerciaux, Manoel de Oliveira signe une nouvelle mise en scène subtile et minutieuse, où le raffinement s’allie à la gravité d’une poèsie funéraire inédite.
    21h00 Nostalgie pour la lumière (Nostalgia de la Luz)
    de Patricio Guzmán, France – Chili – Allemagne 2010
    couleur / ST: ANGL / 90′
    Dans son nouveau documentaire, le cinéaste chilien Patricio Guzmán (principalement connu pour La bataille du Chili, Le cas Pinochet et Salvador Allende) n’évite pas — une fois de plus — la critique à l’encontre de son pays. Nostalgia de la luz livre au premier abord un parallèle entre l’astronomie et l’archéologie, deux disciplines scientifiques qui étudient conjointement le passé dans les conditions idéales que présente le désert de l’Atacama. Le film prend une tout autre tournure lorsqu’on apprend qu’à cet endroit même des milliers d’opposants au régime de Pinochet ont été exécutés dans des camps de concentration et que des décennies plus tard leurs descendants sont toujorus à la recherche des restes de leurs proches disparus. Ou comment l’État chilien et une partie de la population préfèrent ne pas voir le traumatisme de l’histoire récente mis à nu.

Mercredi 07 juillet 2010

    17h00 Comment j’ai passé cet été (Kak ya provyol etim letom)
    d’Aleksei Popogrebsky, Russie 2010 Grigoriy Dobrygin, Sergei Puskepalis / couleur / ST: ANGL / 124′
    19h15 Des filles en noir
    de Jean-Paul Civeyrac, France 2010
    Elise Lhomeau, Léa Tissier, Elise Caron / couleur / 85′
    Deux adolescentes sauvages d’origine modeste partagent un penchant pour la violence et un mépris total pour le monde. Seule leur amitié leur permet de trouver un peu de paix. Elles deviennent chaque jour plus intraitables pour leur entourage et perçoivent elles-mêmes leur situation comme sans issue. Elles finissent par décider d’y mettre ensemble un terme. Le réalisateur Jean-Paul Civeyrac (sélectionné en 2003 pour les Cinédécouvertes avec Le doux amour des hommes) a mené pendant plus de dix ans une enquête sur les doubles suicides et questionne d’une manière pertinente l’aspect romantique de l’acte de se donner la mort. Un drame au cadrage strict et à la photographie pleine d’atmosphère.
    21h00 Piège à crabes (El vuelco del cangrejo)
    d’Oscar Ruíz Navia, Colombie – France 2009
    Rodrigo Vélez, Arnobio Salazar Rivas, Jaime Andres Castaño / couleur / ST: FR / 95′
    Un jeune homme est en fuite en raison d’une crise indéfinie survenue dans sa ville. Après une expédition harassante à travers la jungle, il arrive dans une communauté d’anciens esclaves noirs qui tente de survivre sur une plage, connue sous le nom de La Barra, sur la côté colombienne. Alors qu’il attend là un bateau pour poursuivre son voyage, il trouve sa place dans une culture qui ne se montre pas hostile à son égard. Le réalisateur Ruiz Navia éprouve une empathie perceptible pour ses acteurs autochtones non professionnels, qu’il filme avec beaucoup de respect et de maîtrise. Il crée une atmosphère de spontanéité grâce à l’utilisation subtile d’une caméra à l’épaule et une bande son sophistiquée composée de sons ambiants. De la fusion réussie de l’art narratif et de l’ethnographie résulte un premier film très puissant.

Jeudi 08 juillet 2010

    17h00 Mon bonheur (Schastye moe)
    de Sergei Loznitsa, Allemagne – Ukraine – Pays-Bas 2010
    Un chauffeur de poids lourd s’égare et se retrouve sur une route déserte dans la campagne Russe, loin de toute âme qui vive. Une nuit, trois vagabonds essayent de s’en prendre à sa cargaison. Une rencontre qui va l’entraîner dans un monde provincial inhumain, où règnent la violence et l’anarchie. Le traitement naturaliste de l’image et le choix du format panoramique exposent un style visuel très expressif, et accentuent le danger perpétuel qui menace les personnages. Le documentariste Sergei Loznista livre avec My Joy un premier film percutant qui peut être vu comme une version modérée du Cargo 200 d’Alexei Balabanov.
    19h15 The Anchorage
    d’Anders Edström & C.W. Winter, USA – Suède 2009
    À travers de petites phrases extraites de son journal intime en voice over et de longues séquences contemplatives se dessine la vie quotidienne de Ulla. La cinquantaine, Ulla habite dans l’isolement d’une île de l’archipel de Stockholm où elle mène une vie — apparemment — en complète harmonie avec la nature et avec elle-même. Avec une caméra qui demeure en retrait, nous suivons ses gestes routiniers, esquissés chaque fois avec de subtiles variations. Un jour un mystérieux chasseur pénètre dans son univers et perturbe l’équilibre… Ce premier film sobre et méditatif, avec de magnifiques images de la nature suédoise, a remporté le Léopard d’or dans la Section «Cinéastes du Présent» au festival de Locarno.
    21h00 Des filles en noir
    de Jean-Paul Civeyrac, France 2010
    Elise Lhomeau, Léa Tissier, Elise Caron / couleur / 85′
    Deux adolescentes sauvages d’origine modeste partagent un penchant pour la violence et un mépris total pour le monde. Seule leur amitié leur permet de trouver un peu de paix. Elles deviennent chaque jour plus intraitables pour leur entourage et perçoivent elles-mêmes leur situation comme sans issue. Elles finissent par décider d’y mettre ensemble un terme. Le réalisateur Jean-Paul Civeyrac (sélectionné en 2003 pour les Cinédécouvertes avec Le doux amour des hommes) a mené pendant plus de dix ans une enquête sur les doubles suicides et questionne d’une manière pertinente l’aspect romantique de l’acte de se donner la mort. Un drame au cadrage strict et à la photographie pleine d’atmosphère.

Vendredi 09 juillet 2010

    17h00 Entre deux mondes (Ahasin Wetei)
    de Vimukthi Jayasundara, Sri Lanka 2009
    Kaushalaya Fernando, Thusitha Laknath, Huang Lu / couleur / ST: ANGL / 80′
    Un homme littéralement tombé du ciel traverse une ville presque entièrement détruite et sujette à un violent soulèvement populaire, avant de prendre la fuite dans les collines avec une jeune femme étrangère. Là, ils se consacrent à la beauté de la nature, bien qu’ils soient encore et toujours forcés de se protéger d’une guerre qui tourne au charnier. Un film énigmatique et déconcertant dans lequel Jayasundara, cinq ans après le magnifique La terre abandonnée, livre une allégorie de l’Histoire du Sri Lanka, son pays natal, avec des paysages à couper le souffle comme témoins silencieux. Le style élégant du film et les mouvements de caméra hypnotiques, combinés à l’atmosphère étouffante et menaçante du contexte, ne peuvent laisser indifférent.
    19h00 Agua Fria De Mar
    de Paz Fábrega, Costa Rica – France – Espagne 2010
    Lil Quesada Morúa, Montserrat Fernández / couleur / ST: ANGL / 80′
    Un couple de jeunes et riches Costaricains, en route vers leur hôtel, rencontrent au milieu de la nuit une fillette de 7 ans enfuie de chez elle. Ils décident de passer ensemble la nuit dans la voiture. Mais le lendemain matin, l’enfant a disparu sans laisser de traces. À travers une série de situations insignifiantes, vite banales, Paz Fabrega esquisse de manière subtile les parallèles entre une jeune femme et une petite fille qui veulent toutes les deux échapper à leur environnement oppressant. Ce premier film, né dans des circonstances difficiles, va à l’encontre des clichés habituels. Le décor paradisiaque devient une nature menaçante et de la mignonne fillette émane même une certaine menace. Couronné par le Tiger Award lors de la dernière édition du festival du film de Rotterdam.
    21h00 L’étrange affaire Angélica (O estranho caso de Angélica)
    de Manoel de Oliveira, Portugal 2010
    Pilar López de Ayala, Ricardo Trêpa, Filipe Vargas / couleur / ST: ANGL / 94′
    Le 49e film du vétéran du cinéma, apparaît comme une étrange histoire d’amour en forme de conte fantastique ou métaphysique. Un soir des années ’50 dans la région du Douro, un photographe est sollicité pour figer l’ultime portrait d’une jeune fille décédée dans l’après-midi, peu après ses noces. Une relation obsédante, défiant le clivage entre la vie et la mort va naître entre l’artiste et le modèle. Fidèle à une inspiration personnelle joliment indifférente aux critères commerciaux, Manoel de Oliveira signe une nouvelle mise en scène subtile et minutieuse, où le raffinement s’allie à la gravité d’une poèsie funéraire inédite.

Samedi 10 juillet 2010

    17h00 Piège à crabes (El vuelco del cangrejo)
    d’Oscar Ruíz Navia, Colombie – France 2009
    Rodrigo Vélez, Arnobio Salazar Rivas, Jaime Andres Castaño / couleur / ST: FR / 95′
    Un jeune homme est en fuite en raison d’une crise indéfinie survenue dans sa ville. Après une expédition harassante à travers la jungle, il arrive dans une communauté d’anciens esclaves noirs qui tente de survivre sur une plage, connue sous le nom de La Barra, sur la côté colombienne. Alors qu’il attend là un bateau pour poursuivre son voyage, il trouve sa place dans une culture qui ne se montre pas hostile à son égard. Le réalisateur Ruiz Navia éprouve une empathie perceptible pour ses acteurs autochtones non professionnels, qu’il filme avec beaucoup de respect et de maîtrise. Il crée une atmosphère de spontanéité grâce à l’utilisation subtile d’une caméra à l’épaule et une bande son sophistiquée composée de sons ambiants. De la fusion réussie de l’art narratif et de l’ethnographie résulte un premier film très puissant.
    19h00 Nostalgie pour la lumière (Nostalgia de la Luz)
    de Patricio Guzmán, France – Chili – Allemagne 2010
    couleur / ST: ANGL / 90′
    Dans son nouveau documentaire, le cinéaste chilien Patricio Guzmán (principalement connu pour La bataille du Chili, Le cas Pinochet et Salvador Allende) n’évite pas — une fois de plus — la critique à l’encontre de son pays. Nostalgia de la luz livre au premier abord un parallèle entre l’astronomie et l’archéologie, deux disciplines scientifiques qui étudient conjointement le passé dans les conditions idéales que présente le désert de l’Atacama. Le film prend une tout autre tournure lorsqu’on apprend qu’à cet endroit même des milliers d’opposants au régime de Pinochet ont été exécutés dans des camps de concentration et que des décennies plus tard leurs descendants sont toujorus à la recherche des restes de leurs proches disparus. Ou comment l’État chilien et une partie de la population préfèrent ne pas voir le traumatisme de l’histoire récente mis à nu.
    21h00 La religieuse portugaise (A religiosa Portuguesa)
    de et avec Eugène Green, Portugal – France 2009
    Un film dans le film, avec Eugène Green incarnant lui-même un cinéaste français qui tourne un film dans les rues de Lisbonne à partir d’un texte du 17è siècle retraçant la vie d’une nonne. La jeune comédienne qui incarne le rôle principal, débarque pour la première fois à Lisbonne — bien qu’elle ait une mère d’origine portugaise — laissant derrière elle ses problèmes affectifs. Si elle flirte brièvement avec l’acteur principal du film, elle trouve en fin de dompte son réconfort auprès d’une jeune nonne portugaise qu’elle rencontre sur le plateau de tournage. Tous les éléments stylistiques qui ont fait la marque d’Eugène Green dans ses films précédents (Le monde vivant et Le Pont des Arts), à savoir: dialogues maniérés, plans fixes, et musique transcendantale, se retrouvent dans ce film intriguant.

Dimanche 11 juillet 2010

    17h00 Totó
    de Peter Schreiner, Autriche 2009 Antonio Cotroneo, Angela Simonelli, Gaetàno Dimarzo / NB / ST: ANGL / 128′
    Un documentaire intense sur le mal du pays d’immigré italien, Totó, qui travaille à Vienne comme portier depuis des années et retourne régulièrement dans son village natal Tropea. Et parce que le film parle précisément de tout ce qui manque à Totó, Schreiner concentre sa caméra non pas sur la vie viennoise mais sur le village côtier de Calabre, avec ses petites maisons délabrées, ses falaises, ses touristes et, surtout, les vieux amis de Totó. L’approche radicale et sans compromis du documentariste Peter Schreiner (images monochromes, série de gros plans extrêmes, bande son épurée) fait de ce portrait poétique une expérience visuelle et sensorielle inoubliable.
    19h15 Entre deux mondes (Ahasin Wetei)
    de Vimukthi Jayasundara, Sri Lanka 2009
    Kaushalaya Fernando, Thusitha Laknath, Huang Lu / couleur / ST: ANGL / 80′
    Un homme littéralement tombé du ciel traverse une ville presque entièrement détruite et sujette à un violent soulèvement populaire, avant de prendre la fuite dans les collines avec une jeune femme étrangère. Là, ils se consacrent à la beauté de la nature, bien qu’ils soient encore et toujours forcés de se protéger d’une guerre qui tourne au charnier. Un film énigmatique et déconcertant dans lequel Jayasundara, cinq ans après le magnifique La terre abandonnée, livre une allégorie de l’Histoire du Sri Lanka, son pays natal, avec des paysages à couper le souffle comme témoins silencieux. Le style élégant du film et les mouvements de caméra hypnotiques, combinés à l’atmosphère étouffante et menaçante du contexte, ne peuvent laisser indifférent.
    21h00 Film Socialisme
    de Jean-Luc Godard, France – Suisse 2010 Patti Smith, Alain Badiou, Robert Maloubier / couleur / 110′
    Le dernier film de Jean-Luc Godard est une expérience intellectuelle ainsi que physique. Une symphonie en trois mouvements : Des choses comme ça — En Méditerranée, la croisière du paquebot. Multiples conversations, multiples langues entre des passagers presque tous en vacances. Notre Europe — Le temps dune nuit, une grande sœur et son petit frère ont convoqué leurs parents devant le tribunal de leur enfance. Ils demandent des explications sérieuses sur les thèmes de liberté, égalité, fraternité. Nos humanités — Visite de six lieux de vraies/fausses légendes, Egypte, Palestine, Odessa, Hellas, Naples et Barcelone.

Lundi 12 juillet 2010

    17h00 Boxing Gym
    de Frederick Wiseman, USA 2010
    À 80 ans, l’un des maîtres du documentaire, Frederick Wiseman décrit la vie d’une petite salle d’entraînement de boxe et de fitness à Austin (Texas). Membre du club le temps du tournage, avec la même pudeur et la même indiscrétion que les autres utilisateurs, la caméra glane le mouvement des corps, les chorégraphies martiales, le rythme obsessionnel des exercices, les échanges amicaux entre pugilistes du dimanche et professionnels, hommes et femmes, de l’enfance au troisième âge, gens de tout bords aux motivations disparates, sur le ring, à côté, dans les vestiaires, au bureau des inscriptions… Une tranche d’Amérique quotidienne saisie avec maestria par l’auteur de Titicut follies.
    19h00 Nothing personal
    d’Urszula Antoniak, Irlande – Pays-Bas 2009
    Une jeune hollandaise, désespérée et en quête de consolation, s’échappe de son quotidien pour les verts paturages de l’Irlande. Au cours de son périple solitaire, elle découvre une ravissante petite fermette qui borde un lac. Elle y reçoit logement et couvert en échange d’un travail que lui propose un homme d’âge mûr, attentionné et courtois (un rôle sur mesure pour Stephen Rea). Bien que leurs rapports ne soient que ‘professionnels’, une belle intimité semble naître entre eux. La réalisatrice polonaise Urszula Antoniak, qui réside aux Pays-Bas, a triomphé avec ce premier film parfaitement maîtrisé au dernier festrival de Locarno (pas moins de 6 prix). Nothing personal est aussi le film art et essai le plus populaire de la dernière décénie aux Pays-Bas.
    21h00 Nénette
    de Nicolas Philibert, France 2010
    Elle a 40 ans, habite à Paris, a de longs poils roux, aime boire une tasse de thé et s’appelle Nénette. La star du nouveau film de Nicolas Philibert (et avoir, Le pays des sourds, etc.) est une personnalité extraordinaire et l’une des orang-outans qui vivent dans la populaire « singerie » de la Ménagerie du Jardin des Plantes. Nénette est une vraie professionnelle : elle regarde avec indifférence les milliers de visiteurs qui défilent devant sa cage de verre et cherchent à attirer son attention. Philibert ne filme que les singes et monte sur les images les commentaires des visiteurs qui restent toujours en dehors du cadre. Un documentaire attachant. « C’est un film sur le regard, la représentation. Une métaphore du cinéma, en particulier du documentaire comme captation et comme capture ; puisque filmer l’autre, c’est toujours l’emprisonner, l’enfermer dans un cadre, le figer, dans l’espace et dans le temps » (Nicolas Philibert).

Mardi 13 juillet 2010

    17h00 Indigène d’Eurasie
    de et avec Sharunas Bartas, France – Russie – Lituanie 2010 Elisa Sednaoui, Klavdia Korshunova / couleur / ST: ANGL / 111′
    Le très estimé réalisateur lituanien Sharunas Bartas reprend à son compte le rôle principal de ce thriller glacial. Il se glisse dans la peau de Gena, un criminel peu loquace, la quarantaine, qui essaye de s’en sortir après s’être fait prendre dans les mailles toujours plus serrées d’un réseau de trafic de drogue. Dans sa fuite, il traverse l’Europe, de la France à la Pologne, la Lituanie, la Biélorussie et la Russie. Dans ce film noir très rythmé, Bartas renonce à son austérité caractéristique (les dialogues sont étonnamment nombreux !) et prouve sa maîtrise complète du genre. On retient aussi la photographie éblouissante (Moscou bleu cobalt), le jeu fluide de la caméra et la remarquable bande son d’Alexander Zekke.
    19h00 Chantrapas
    d’Otar Iosseliani, France – Géorgie 2010 David Tarielashvili, Nika Endeladze, Tamuna Karumidze / couleur / ST: FR / 122′
    Une esquisse semi-autobiographique du cinéaste vétéran Otar Iosseliani (Les favoris de la lune, La chasse aux papillons) sur les allées et venues d’un réalisateur géorgien qui veut faire des films dans son pays natal d’avant la glasnost. Confronté à l’absurdité idéologique de toutes sortes, il décide de s’installer en France pour y tenter sa chance mais découvre rapidement que l’Ouest libre entrave tout autant son travail que les censeurs soviétiques endoctrinés. À l’exception de Bulle Ogier et de Pierre Etaix, les acteurs sont non professionnels — comme c’est souvent le cas chez Iosseliani. Une comédie magistrale avec un scénario sans grands rebondissements mais bourré d’un humour lapidaire et de trouvailles visuelles.
    21h15 Octobre (Octubre)
    de Daniel Vega & Diego Vega, Pérou 2010 Bruno Odar, Gabriela Velasquez, Carlos Gasols / couleur / ST: FR / 83′
    Pour Clemente, un prêteur sur gages misanthrope, les afffaires vont bien jusqu’au jour où, revenant de chez une prostituée, il trouve un bébé dans un panier en rentrant chez lui. Sa routine quotidienne est remise en cause lorsqu’il décide de retrouver la mère supposée, une prostituée, et de confier l’enfant à sa voisine dévôte qui emménage chez lui. Avec ce premier film, les jeunes frères Daniel et Diego Vega apportent ” leur interpétation du cinéma de Robert Bresson, Aki Kaurismaki et Jim Jarmusch » tant sur le plan du contenu qu’au niveau du style et de la palette de couleurs. Alors que cela faisait 15 ans qu’un film péruvien n’avait pas été repris dans la sélection officielle du festival de Cannes, Octubre a obtenu illico le Prix du Jury dans la section Un Certain Regard.

Mercredi 14 juillet 2010

    17h00 Elbowroom
    de Ham Kyoung-Rock, Corée Du Sud 2010
    Park Ji-Won / vidéo / couleur / ST: ANGL / 102′
    Un drame néoréaliste dur, sur une jeune femme coréenne qui souffre d’une infirmité motrice cérébrale, mais veut vivre de façon aussi autonome que possible malgré ses capacités physiques limitées. Le personnel de l’institution catholique où elle réside avec d’autres compagnons d’infortune lourdement handicapés ne fait pas grand cas des valeurs chrétiennes et abuse régulièrement de la position de faiblesse des pensionnaires. Le point de non-retour est atteint quand il s’avère que la jeune femme est enceinte. Un film surprenant, filmé dans un style documentaire porté jusqu’au bout par l’interprétation magnifique de l’actrice Park Ji-Wo dans le rôle principal.
    19h00 Le départ de Myna (Myna se va)
    de Sadrac González & Sonia Escolano, Espagne 2009
    María del Barrio, David López-Serrano Páez, Diana Facen / vidéo / couleur / ST: FR / 117′
    Une jeune immigrée clandestine travaille comme bonne chez un couple bourgeois et leur jeune fils. Alors que le couple est en voyage, le petit garçon est blessé accidentellement. En raison de sa situation illégale et du risque d’expulsion, Myna évite l’hôpital et part à la recherche d’une solution alternative pour sauver l’enfant. Survivre en marge de la société prend ici un sens nouveau. Un film “zéro budget” saisissant — à tout le moins par sa scène de viol filmée en un plan-séquence de 33 minutes, qui a demandé trois mois de travail à l’actrice principale (la jeune révélation Maria Del Barrio).
    21h30 Fin
    de Luis Sampieri, Espagne 2010 Irene Garres, Ramia Chaoui, Sergi Gibert / vidéo / couleur / ST: ANGL / 89′
    Trois adolescents qui ne se connaissent qu’à travers leur screen names sur Internet forment le pacte de se suicider ensemble. Ils se rencontrent pour la première fois dans la “vraie vie” sur un chemin perdu. Mais quand il apparaît que l’un des trois internautes est une jeune fille musulmane, les plans changent et les esprits s’échauffent. Un film sans compassion sur la banalité de la mort et l’absence de sentiments de l’ère informatique. Une réalisation sobre, parée d’une bande musicale remarquable avec sitar et flûtes.



  • Le programme du festival de l’âge d’or / cinédécouvertes, qui débute le 1er juillet, est disponible sur le site de la Cinematek. Bonne nouvelle, la programmation n’est plus répartie entre la Cinematek et Flagey comme les deux (trois ?) années précédentes. Je vais essayer d’aller voir plusieurs films, donc plus de détails dans les jours qui viennent.
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  • Un article d’adieu d’Alison Byrne Fields qui correspondait depuis des années avec le réalisateur John Hughes, mort récemment. Loin du cynisme hollywoodien, ses films, que ce soit The Breakfast Club, Weird Science ou Ferris Bueller’s Day Off étaient bons et sonnaient juste.
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  • Smurf wars : un synopsis de comics adulte sur les schtroumpfs, accompagné de fantastiques projets d’affiches de films.
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Morphia

Morphia d’Alexei Balabanov : une très belle mise en images inspirée de textes autobiographiques de Mikhaïl Boulgakov. Boulgakov, connu principalement pour son chef d’oeuvre le Maître et Marguerite relate dans ces textes ses débuts en tant que médecin dans un dispensaire reculé de la campagne russe. Il y devient progressivement accro à la morphine et dans le film (cela diverge par rapport à ses textes) il sombre dans la déchéance la plus totale. Cette spirale infernale fait penser à requiem for a dream transposé dans une Russie en pleine révolution (on est en 1914). J’ai beaucoup aimé et cela m’a donné envie de de lire et relire l’excellent Boulgakov…
Je n’aurais été voir que deux film au festival de l’âge d’or cet année mais c’est mieux que rien et je suis assez satisfait de ce que j’ai été voir. Je suis juste déçu d’avoir raté le roi de l’évasion, que je voulais aller voir et qui a justement gagné le prix de l’âge d’or de cette année.




Yuki & Nina

J’ai été voir hier soir Yuki & Nina de Nobuhiro Suwa & Hippolyte Girardot dans le cadre du festival de l’âge d’or à la Cinematek.
Yuki et sa meilleure amie Nina ont une dizaine d’années. Elles mettent au point une série de plans afin de réconcilier la mère japonaise de Nina, qui veut l’emmener au Japon et son père japonais. Elles finissent par faire une fugue et se perdent dans une forêt de la campagne française. La forêt et son univers magique sera le théâtre d’une expérience initiatique pour Yuki.
Le jeux des fillettes est très juste et frise souvent l’improvisation. La co-réalisation fait se rencontrer deux univers : une manière de faire jouer les enfants qui fait penser à Jacques Doillon et des thématiques de la séparation que l’on imagine venir du côté d’Hippolyte Girardot et une vision onirique de la nature que l’on sent proche de l’univers de Nobuhiro Suwa. Un film léger et réussi et une vision magique de la forêt qui fait penser (en restant plus lumineux) à la forêt de Mogari de Naomi Kawase.




Festival de l’âge d’or 2009 à la Cinematek

Petite info en passant pour les cinéphiles bruxellois, la programation de la Cinematek du festival de l’âge d’or a débuté depuis hier. Je n’aurais pas l’occasion d’y aller avant mercredi mais je compte laisser quelques résumés et impressions sur les films que j’irais voir.




  • Le trailer (en HD) pour le très prometteur Moon de Duncan Jones. Un film indie de science-fiction avec une esthétique entre 2001 et Outland.
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  • Guerre post apocalyptique des hommes contre les machines, le tout soupoudré d’un peu de Nine Inch Nails, rien de tel pour le week-end : le dernier trailer de Terminator Salvation…
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  • Sur YouTube, le “trailer” datant de 2002 de Lucky Star par Michael Mann. Il s’agit en fait d’un faux trailer pour un film qui n’existera jamais mais d’une vraie publicité pour Mercedes. Le tout porte la griffe inimitable de Michael Mann mais n’est jamais sorti car les publics test de l’époque avaient mal réagis à la publicité : le sentiment prédominant étais d’avoir été floués. Je crois qu’avec les méthodes de diffusion sur le net, le public est aujourd’hui plus réceptif face aux techniques de publicités virales… (Via)
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Joshua Hoffine

Joshua Hoffine.jpg

Les photographies de Joshua Hoffine sont des mises en scénes horrifiques qui semblent tout droit sorties de creepshow, ou du chapitre du film the twillight zone réalisé par Joe Dante…




  • Une interview de Mike Patton (Faith no more, Mr Bungle, Fantomas, et des dizaines d’autres projets parallèles) qui parle de ses collaborations pour des musiques, doublages et bruitages de jeux vidéos et de films.
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  • True Romance fut mon premier contact avec Quentin Tarantino. Lors de sa sortie, j’avais adoré le film et je le revois avec bonheur chaque fois que j’ai l’occasion. A côté de ça, je m’étais demandé à l’époque comment un spécialiste de la daube comme Tony Scott avait réussi un tel bijou. Si vous êtes fan, Maxim a rassemblé un bon paquet de détails inédits, réflexions et dialogues des acteurs et de l’équipe dans cet article fourre-tout. Passionnant.
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  • Last exit to nowhere est une compagnie qui produit des t-shirts pour amateurs de références cinématographiques. Vous voulez un t-shirt de l’OCP (Robocop) ou de l’hôtel Overlook (Shinning) ? Ils les ont. J’aime beaucoup le concept et je crois que je vais me laisser tenter (j’ai toujours adoré le logo de l’OCP). (Merci Colin)
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âge d’or / cinédécouvertes 2007

Depuis cet après-midi je suis en congé et je vais profiter de la semaine à venir pour consommer une dose concentrée de cinéma alternatif. Nous sommes en plein festival de l’âge d’or (plus d’infos sur ce festival sont disponibles ici). Comme l’année passée, la programmation s’étale entre le Flagey et le musée du cinéma (bis). La première semaine vient de se terminer au Flagey et la sélection de films est projetée depuis hier au musée du cinéma (bis) durant une semaine. J’ai décidé de garder mon argent pour profiter de l’Ecran Total au cinéma Aremberg et je me concentre donc sur les films du musée du cinéma qui sont trois fois moins cher qu’au Flagey. De plus, j’associe le festival de l’âge d’or avec la cinémathèque et je n’imagine pas aller voir les films ailleurs. Une question d’ambiance peut être…
Comme les années précédentes, je reproduis le programme ici pour mieux m’y retrouver et rassembler quelques liens sur les films. Toutes les informations sur les films reprises ci-dessous proviennent du site officiel du Musée du Cinéma.

Samedi 7 juillet

    18H15 > ANE-EUI AEIN-EUL MANNADA (Driving with my wife’s lover)
    SOUTH KOREA, 2006, 92’
    Director: Kim Tai-Sik
    Screenplay: Kim Tai-Sik & Kim Jun-Han
    Cast: Park Kwang-Jung, Jung Bo-Seog, Jo Eun-Ji, Kim Sung-Mi
    Production: Film Line
    Sales: Mirovision
    Print version:OV ST ENGLISH
    Festival: Rotterdam
    Tae-Han, le propriétaire effacé d’un petit magasin, est marié à une femme dont il pensait qu’elle l’aimait. Lorsqu’il découvre qu’elle a un amant, le peu d’estime de soi qui lui restait se décompose. Il entreprend alors d’attirer son rival dans un piège, et se rend à Séoul, où ce dernier est chauffeur de taxi, afin de louer ses services pour un long voyage. En observant ces deux hommes silencieux et entêtés qui luttent avec leurs similitudes, il apparaît bientôt que le rival n’a guère plus à offrir que le mari trompé. Premier film de Kim Tai-Sik, ce road-movie volontiers comique et traversé d’éléments surréalistes, ne montre pas tant le pouvoir destructeur de l’adultère que l’isolement émotionnel d’un homme quelconque prisonnier de son impuissance et de sa classe sociale.

    IMDB

    20h15 > LA FRANCE
    FRANCE, 2007, 102’
    Director: Serge Bozon
    Screenplay: Axelle Ropert
    Cast: Sylvie Testud, Pascal Greggory, Guillaume Verdier, Guillaume Depardieu
    Production: Les Films Pelléas
    Sales: Pyramide International
    Print version : OV ST ENGLISH
    Festival: Cannes (Quinzaine des réalisateurs)
    Afin de retrouver son mari dont elle est sans nouvelles, une jeune femme se travestit en homme pour monter au front de la guerre 14-18. Empruntant des chemins de traverse, elle rejoint bientôt une compagnie-fantôme, évoluant dans une sorte de no man’s land. Le début d’une étrange déambulation, errance dans les zones d’ombre d’une guerre n’étant présente à l’écran qu’en creux, comme pour mieux laisser parler – et même chanter – la détresse des hommes. Auteur d’un moyen métrage remarqué, Mods, Serge Bozon signe ici un film intense, en forme de lente mais inexorable dérive. Et porte sur le conflit (et plus encore la France qui donne son titre à l’œuvre) un regard inusité. Le résultat est tout simplement fascinant, la singularité du propos étant rejointe par celle de la mise en scène, soutenue par une photographie spectrale et une interprétation (menée par Sylvie Testud et Pascal Greggory) toute en subtiles nuances.

    AlloCine

Dimanche 8 juillet

    18h15 > MEDUZOT (Les Méduses)
    ISRAEL-FRANCE, 2007, 78’
    Directors: Etgar Keret & Shira Geffen
    Screenplay: Shira Geffen
    Cast: Sarah Adler, Nikol Leidman, Gera Sandler, Noa Koller
    Production: Lama Films
    Sales: Pyramide International
    Print version: OV ST ENGLISH
    Festival : Cannes (Semaine de la Critique)
    Tel-Aviv, de nos jours. A la façon de cette petite fille sortie de la mer, et s’arrimant fixement à sa bouée tout au long du film, ils sont quelques personnages à s’accrocher… Il y a là une mariée se cassant la jambe le jour J ; une photographe de mariage qui n’entend en saisir que les à-côtés ; une serveuse d’une maladresse maladive ; une femme énigmatique installée dans la suite d’un hôtel, et d’autres encore, dont les bribes d’existence se croisent, s’entrechoquent, au gré d’un quotidien fait de moments de grâce et d’autant de déraillements. Sorte de conte de fées insolite, Les Méduses intrigue, mais, plus encore, séduit. Les réalisateurs y mêlent subtilement différents niveaux de narration, pour un film sachant être à la fois étrange, drôle et profond ; une œuvre distillant, sans en avoir l’air, d’intenses émotions. Caméra d’or lors du dernier festival de Cannes.

    Semaine internationale de la critique
    AlloCine

    20h15 > GARAGE
    IRELAND, 2007, 87’
    Director: Lenny Abrahamson
    Screenplay: Mark O’Halloran
    Cast: Pat Shortt, Conor Ryan, Anne Marie Duff
    Production: Element Pictures
    Sales: MK2
    Print version: vo english st
    Festival: Cannes (Quinzaine des réalisateurs)
    Considéré par ses voisins comme un marginal inoffensif et solitaire, Josie a passé le plus clair de sa vie d’adulte à tenir une station service délabrée à la périphérie d’une petite ville du fin fond de l’Irlande. Une accusation injuste dont il ne peut se défendre, et voilà ce perpétuel optimiste entraîné vers l’abîme. Sombre et amère, l’histoire de Josie prend, face à la caméra de Lenny Abrahamson, auteur précédemment de Adam & Paul, des accents tour à tour drolatiques, pathétiques et étonnants. Pat Shortt livre, dans le rôle principal, celui d’un homme sans grâce apparente, une mémorable composition.

    PeauNeuve

    22h15 > LUO YE GUI GEN (Getting Home)
    HONG KONG-CHINA, 2007, 97’
    Director: Zhang Yang
    Screenplay: Zhang Yang
    Cast: Zhao Benshan, Hong Qiwen, Song Dandan, Guo Degang
    Production: Filmko Entertainment
    Sales : Fortissimo
    Print version: OV ST ENGLISH
    Festival: Berlin (Panorama)
    Zhao est ouvrier dans la banlieue de Hong Kong avec son ami Liu. A la mort de celui-ci, Zhao décide de tenir sa promesse et de ramener la dépouille de son ami dans sa ville natale. Le corps de son compagnon sur le dos, il va vivre un « road movie » tragicomique. Zhao va croiser une galerie de personnages plus ou moins compréhensifs : des bandits généreux, un vieil homme qui assiste à ses propres obsèques, un routier inconsolable…. Zhang Yang signe un film entre rire et larmes sur la mort, sujet délicat. Jamais mièvre ou moraliste, le cinéaste chinois, déjà remarqué en Europe avec Shower, suggère l’empathie et l’émotion avec simplicité. Il dresse le portrait social et humain de la Chine d’aujourd’hui. Et c’est avec un talent incroyable que Zhao Benshan interprète cette fable humaniste.

    IMDB

Lundi 9 juillet

    18h15 > XXY
    ARGENTINA, 2007, 90’
    Director: Lucia Puenzo
    Screenplay: Lucia Puenzo
    Cast: Ricardo Darin, Valeria Bertuccelli, German Palacios, Carolina Peleritti
    Production: Historias Cinematograficas
    Sales: Pyramide International
    Print version : OV ST FRENCH
    Festival : Cannes (Semaine de la Critique)
    Pour la soustraire à trop de curiosité, les parents d’Alex, 15 ans et hermaphrodite, ont choisi de s’installer dans un coin isolé de la côte uruguayenne. L’arrivée d’un couple d’amis argentins, accompagnés de leur fils Alvaro, 16 ans, bouleverse ce quotidien. Il y a l’intérêt du père, médecin, qu’intrigue l’aspect médical de la question. Et par ailleurs l’attirance mutuelle qu’éprouvent les deux adolescents. Le sujet de l’hermaphrodisme, Lucia Puenzo le traite en finesse, orchestrant un subtil crescendo de tension, avant de se jouer des obstacles potentiels. Elle place judicieusement sa réflexion sur le terrain de la recherche d’identité, non sans scruter, en profondeur, son impact sur l’entourage familial. En résulte un film passionnant et vibrant, témoignant d’une véritable maturité de cinéaste.

    Semaine internationale de la critique

    20h15 > SHOTGUN STORIES
    USA, 2007, 92’
    Director: Jeff Nichols
    Screenplay : Jeff Nichols
    Cast : Michael Shannon, Douglas Ligon, Barlow Jacobs, Michael Abbott.
    Production : Lucky Old Sun, Productions, Little Rock, Muskat Film
    Sales : Coach14
    Print version: OV ENGLISH
    Festival: Berlin (Forum)
    Á sa mort Cleaman Hayes laisse derrière lui sept fils issus de deux mariages. D’un côté : Son, Boy et Kid sont à peine nommés et gardent un souvenir douloureux de ce père alcoolique et violent qui les a abandonnés. De l’autre côté : Cleaman Jr., Mark, Stephen et John ont connu un père aimant et disponible, et ont grandi dans le confort. Ce décès suscite haine et incompréhension au sein de ces deux familles. Jeff Nichols livre pour son premier long métrage une histoire de vengeance passionnée, où la justice et la rivalité prennent des dimensions archaïques voire bibliques. Le réalisateur parvient à susciter drame et tension de manière diffuse, la violence reste présente sans être oppressante. Avec une très belle photographie, l’Arkansas, sa lumière et ses champs de coton font partie intégrante de cette famille anéantie. Le film indépendant américain le plus marquant de ces derniers mois.

    IMDB

    22h15 > MOGARI NO MORI (The Mourning Forest/La forêt de Mogari)
    JAPAN, 2007, 97’
    Director: Naomi Kawase
    Screenplay: Naomi Kawase
    Cast: Shigeki Uda, Machiko Ono, Makiko Watanabe, Kanako Masuda
    Production: Kumie Inc.
    Sales: Dreamachine
    Print version: OV ST FRENCH
    Festival: Cannes (Competition)
    Dans une petite maison de retraite de l’arrière-pays japonais, Machiko, une aide-soignante, porte une attention toute particulière à Shigeki, l’un des pensionnaires. Tous deux ont perdu un être cher, sans être parvenus à en faire le deuil. Un jour qu’ils partent pour une excursion à la campagne, leur voiture tombe en panne. Moment que choisit Shigeki pour s’enfoncer dans la forêt de Mogari, ne laissant d’autre choix à Machiko que de lui emboîter le pas… Débute un périple tumultueux sur la voie de la renaissance. Tout en finesse et en couches sensibles, Naomi Kawase signe un film à la fois intime et intense, tendu vers un équilibre délicat et souverain, celui de la sérénité retrouvée. Les sentiments convoqués sont d’une profondeur rare ; la mise en scène sobre et subtile les sert idéalement. Grand Prix lors du dernier festival de Cannes.

    Arte

Mardi 10 juillet

    18h15 > TOUT EST PARDONNE
    FRANCE, 2006, 106’
    Director: Mia Hansen-LØve
    Screenplay: Mia Hansen-LØve
    Cast: Paul Blain, Victoire Rousseau, Constance Rousseau, Marie-Christine Friedrich
    Production : Les Films Pelléas
    Sales: Pyramide International
    Print version : OV ST ENGLISH
    Festival: Cannes (Quinzaine des réalisateurs)
    Un couple, Victor et Annette, vivant à Vienne avec leur petite fille, Pamela. Annette s’affaire ; Victor laisse libre cours à son désoeuvrement, s’occupant de la fillette quand il ne fréquente pas les dealers du cru. Leur retour à Paris n’y change rien : dans la posture de l’écrivain guettant l’inspiration, Victor verse bientôt dans l’auto-apitoiement, avant de retrouver ses fréquentations et habitudes de junkie. N’y tenant plus, Annette s’en va bientôt, amenant Pamela avec elle…
    Première réalisation de Mia Hansen-LØve, actrice chez Assayas et ancienne critique aux Cahiers du cinéma, Tout est pardonné traite avec mesure et sensibilité de la séparation et du deuil de ce qui aurait pu être. Judicieusement équilibré, le film opère délicatement en profondeur. Paul Blain excelle dans l’interprétation d’un homme errant, fuyant sa propre vie.

    Libération

    20h15 > MISTER LONELY
    USA, 2007, 112’
    Director: Harmony Korine
    Screenplay: Harmony Korine
    Cast: Diego Luna, Samantha Morton, Denis Lavant, Werner Herzog
    Production: O’Salvation Cine Ltd
    Sales: Dreamachine
    Print version : OV ST FRENCH
    Festival: Cannes (Un certain regard)
    Mister Lonely, un sosie de Michael Jackson, gagne modestement sa vie dans les rues de Paris. Un jour, il rencontre une avenante Marilyn Monroe qui l’invite à l’accompagner dans les Highlands, où vit une étrange communauté de sosies. Aux côtés de Chaplin et autres Three Stooges, les voilà bientôt préparant un spectacle à l’attention de la population locale.
    Huit ans après Julien Donkey-Boy, le nouveau film de Harmony Korine est une œuvre résolument inclassable, questionnant l’identité au gré d’une fiction taquinant l’absurde. Surprenant, jusque dans sa distribution – Denis Lavant en Chaplin -, Mister Lonely est aussi traversé d’instants fulgurants : bonnes sœurs volantes, et prêches hilarants de Werner Herzog notamment, au cœur d’une histoire parallèle, achevant d’en faire une expérience unique.

    IMDB

    22h15 > BRAND UPON THE BRAIN!
    CANADA-USA 2006, 95’
    Director: Guy Maddin
    Screenplay: Guy Maddin & George Toles
    Cast: Sullivan Brown, Maya Lawson, Gretchen Krich, Katherine E. Scharhon
    Production : The Film Company
    Sales: Celluloid Dreams
    Print version: OV ENGLISH / SILENT + MUSICAL SOUNDTRACK
    Festival: Berlin (Panorama)
    Le jeune Guy Maddin et sa soeur adolescente passent leur temps sur une île mystérieuse dont ils hériteront un jour. Pour l’heure, ils la partagent avec un groupe d’orphelins installés dans un phare. Chacun de leurs gestes est observé attentivement du haut du phare par la tyrannique mère de Guy, alors que son père, un scientifique doublé d’un inventeur, travaille nuit et jour dans le plus grand secret dans les caves… Lorsque des blessures étranges sont constatées sur la tête de plusieurs orphelins, un duo de détectives adolescents entame une enquête. Avec ce film au style grandiose, le légendaire Guy Maddin repousse un peu plus loin les frontières du langage cinématographique. Et signe un de ses films les plus aboutis à ce jour.

    Wikipedia

Mercredi 11 juillet

    18h15 > SANG SATTAWAT (Syndromes and a century)
    THAILAND-FRANCE-AUSTRIA, 2006, 105’
    Director: Apichatpong Weerasethakul
    Screenplay: Apichatpong Weerasethakul
    Cast: Nantarat Sawaddikul, Jaruchai Iamaram, Sophon Pukanok
    Production: Apichatpong Weerasethakul, Pantham Thongsang, Charles de Meaux
    Sales: Fortissimo
    Print version: OV ST ENGLISH
    Festival: Rotterdam
    Deux époques et deux vies : dans ce qui semble être les années 70 une femme médecin exerce dans un hôpital de campagne et dans un monde plus contemporain, un homme pratique aussi la médecine à Bangkok. Les deux histoires se font écho. Les couples se cherchent et se croisent d’une histoire à l’autre. Entre plans fixes contemplatifs et hors champs insaisissables, Apichatpong Weerasethakul poursuit, avec ce nouveau long métrage, son travail de divagation poétique. Il explore le monde de ses souvenirs personnels en évoquant la vie de ses parents avant leur rencontre. Un film aux résonances autobiographiques, évoquant la réminiscence et la réincarnation.

    IMDB

    20h15 > AVANT QUE J’OUBLIE
    FRANCE, 2007, 108’
    Director: Jacques Nolot
    Screenplay: Jacques Nolot
    Cast: Jacques Nolot, Jean-Pol Dubois, Marc Rioufol, Bastien D’Asnières
    Production: Elia Films
    Sales: ID Distribution
    Print version: OV ST ENGLISH
    Festival: Cannes (Quinzaine des réalisateurs)
    Où l’on retrouve Pierre, 58 ans, prisonnier de son passé, vivant mal la solitude, ses rapports au temps, au monde extérieur. Pierre écrit, sans que l’on sache vraiment de quoi il retourne, même si, s’immisce toujours davantage dans le propos, son existence, appréhendée par bribes. Après L’arrière-pays et La chatte à deux têtes, l’acteur-réalisateur-scénariste Jacques Nolot complète, avec Avant que j’oublie, sa trilogie consacrée à un même personnage, suivi à différentes étapes de sa vie. La démarche rejoint celle d’un peintre allant au bout d’une période. L’œuvre, austère et radicale, est surtout en tous points mémorable.

    Cannes 2007

    22h15 > FOSTER CHILD
    PHILIPPINES, 2007, 98’
    Director: Brillante Mendoza
    Screenplay: Ralson Jover
    Cast: Cherry Pie Picache, Eugene Domingo, Jiro Manio, Kier Alonzo
    Production: Seiko Films, Inc
    Sales: Ignatius Films Canada
    Print version: OV ST ENGLISH
    Festival: Cannes (Un certain regard)
    Vivant dans un quartier pauvre de Manille, Thelma, son mari Dado et leurs deux fils adolescents sont chargés par un service social de garder des enfants abandonnés avant leur adoption officielle. Chaque séparation ainsi programmée est, pour cette famille d’accueil, un véritable crève-cœur. Cette fois encore avec John-John, enfant de trois ans qu’ils doivent confier à sa famille américaine d’adoption. Leur dernière journée en commun s’écoule, chaque moment avec le garçonnet ne leur apparaissant que plus précieux. Bientôt, pourtant, Thelma et l’un de ses fils doivent conduire John-John à l’hôtel où l’attendent ses parents adoptifs… Quatrième film du réalisateur philippin Brillante Mendoza, Foster Child aborde un sujet délicat avec simplicité et justesse. Le résultat n’en est que plus fort, pour une œuvre intime, vibrant d’une profonde intensité.

    AlloCiné

Jeudi 12 juillet

    18h15 > YUMURTA (Egg)
    TURKEY, 2007, 97’
    Director: Semih Kaplanoglu
    Screenplay: Semih Kaplanoglu, Orcun Koksal
    Cast: Nejat Isler, Saadet Isil Aksoy, Ufuk Bayraktar
    Production: Kaplan Film
    Sales: Coach 14
    Print version: OV ST FRENCH
    Festival: Cannes (Quinzaine des réalisateurs)
    La mort de sa mère ramène Yusuf, un bouquiniste d’Istanbul, dans son village natal, quitté quelques années auparavant. Il trouve dans la maison familiale Ayla, belle et énigmatique jeune fille qui partageait l’existence de la défunte. Et découvre par ailleurs être l’objet de la curiosité de nombreux villageois – le fruit d’un début de notoriété passée, lorsque, poète, il eut les honneurs de la presse turque, avant de ranger sa plume… Emboîtant le pas à Yusuf et Ayla, Semih Kaplanoglu signe un film fascinant, laissant au cadre et au temps l’occasion de se déployer, et orchestrant son récit en stimulants non-dits. Et fait de ce retour aux sources un moment précieux. Troisième film du réalisateur, Yumurta est aussi le premier volet d’une trilogie qu’il entend consacrer à son personnage central.

    AlloCiné

    20h15 > A CASA DE ALICE (Alice’s House)
    BRAZIL, 2007, 90’
    Director: Chico Teixeira
    Screenplay: Chico Teixeira, Julio Pessoa, Sabina Anzuategui, Marcelo Gomes
    Cast: Carla Ribas, Berta Zemel, Zecarlos Machado, Vinicius Zinn
    Production: Superfilmes
    Sales: Wide Management
    Print version: OV ST FRENCH
    Festival: Berlin (Panorama)
    Un quartier ouvrier de São Paulo. C’est ici que vit Alice, la quarantaine, manucure, mariée depuis vingt ans à Lindomar, un chauffeur de taxi. La mère de Lindomar vit avec eux, s’occupant de tâches ménagères au son du « programme de grand-mère » diffusé par la radio, en un tableau que complètent les trois garçons du couple, aux aspirations sensiblement différentes. Alors que son mariage traverse une grave crise, son mari ne dissimulant même plus ses nombreuses aventures, Alice doit affronter l’indifférence de ses proches. Pour tempérer le machisme régnant dans sa sphère privée, il y a fort heureusement son environnement professionnel et sa clientèle, exclusivement féminine. Encore qu’Alice découvrira bientôt qu’une trahison peut en cacher d’autres… Un premier film, ancré dans le réel, par un réalisateur venu du documentaire traitant de sujets sociaux.

    Festival International du Film de La Rochelle

    22h15 > HOTEL VERY WELCOME
    GERMANY, 2007, 78’
    Director: Sonja Heiss
    Screenplay: Sonja Heiss
    Cast: Ricky Champ, Gareth Llewelyn, Eva Löbau, Chris O’Dowd, Svenja Steinfelder
    Production: Komplizen Film
    Sales: Scalpel
    Print version:OV ST ENGLISH
    Festival: Berlin (Perspektive Deutsches Kino)
    Joshua et Adam, deux jeunes Britanniques, émergent d’une rave perdus dans la jungle thaïlandaise ; Svenja est coincée dans un hôtel de Bangkok après avoir raté son vol et tente par tous les moyens de rentrer chez elle ; Liam, un jeune Irlandais charmant, a laissé ses problèmes à la maison et tente de découvrir l’Inde véritable. Et enfin, Marion essaye de trouver dans un paradis de la méditation pour Occidentaux le bonheur vrai. Un film hilarant, à l’approche documentaire, nous fait partager, en épisodes successifs, les aventures de ces jeunes voyageurs en Asie. Des voyageurs pour qui la quête de la spiritualité s’avèrera parsemée d’embûches. Un film débordant d’humour et de personnalité. Bienvenue dans l’immense parc d’attractions baptisé Asie…

    IMDB

Vendredi 13 juillet

    18h15 > OPTIMISTI (The Optimists)
    SERBIA-SPAIN-SWITZERLAND, 2006, 98’
    Director: Goran Paskaljevic
    Screenplay: Goran Paskaljevic, Vladimir Paskaljevic
    Cast: Lazar Ristovski, Petar Bozovic, Bonjana Novakovic, Tihomir Arsic
    Production: Nova Film, Zepter International, Wanda Vision, Swiss Effects
    Sales: Nova Film
    Print version: OV ST FRENCH
    Festival: Rotterdam
    Troisième volet de la trilogie consacrée par Goran Paskaljevic à la Serbie des dix dernières années, Optimisti repose sur un tour de force : cinq histoires y sont liées par un élément-pivot, la prestation du comédien Lazar Ristovski qui en interprète différents personnages (flanqué, par ailleurs, d’une impressionnante distribution). De la première histoire, qui voit les habitants d’un village inondé soignés par l’optimisme d’un patient évadé d’un hôpital psychiatrique, à la dernière, qui voit des malades trop crédules écouter les promesses de guérison miraculeuse d’un margoulin, sans oublier celle du propriétraire d’un abattoir dont le fils s’enferme avec les animaux pour éviter qu’il ne les tue, un univers se dévoile, singulier. Un film résolument étonnant, par l’auteur de Someone Else’s America et autre How Harry Became a Tree.

    IMDB

    20h15 > LA INFLUENCIA
    SPAIN-MEXICO, 2006, 83’
    Director: Pedro Aguilera
    Screenplay: Pedro Aguilera
    Cast: Paloma Morales, Jimena Jimenez, Romeo Manzanedo
    Production: Mantarraya Producciones
    Sales: Bac Films International
    Print version: OV ST ENGLISH
    Festival: Cannes (Quinzaine des réalisateurs)
    L’histoire d’une femme vulnérable, accablée par les problèmes de la vie quotidienne, et ceux de la vie tout court. Entre ses deux jeunes enfants, au devenir incertain, son commerce – une boutique de produits de beauté – qui périclite, et les huissiers omniprésents, la voilà bientôt qui perd pied. Et sombre dans une dépression profonde, traduite par un mutisme toujours plus envahissant. Pour les enfants, livrés à eux-mêmes, le monde bascule, les propulsant, malgré eux, dans des rôles d’adultes. Assistant de Carlos Reygadas sur Battle in Heaven et de Amat Escalante sur Sangre, Pedro Aguilera signe un premier long métrage à la sécheresse extrême, chronique affolante et jusqu’auboutiste d’une lente désagrégation.

    Le Figaro

    22h15 > NACHMITTAG (Après-midi – Afternoon)
    GERMANY, 2007, 97’
    Director: Angela Schanelec
    Screenplay: Angela Schanelec an adaptation from Chekhov’s “The Seagull”
    Cast: Angela Schanelec, Miriam Horwitz, Jirka Zette
    Production: Nachmittagfilm Angela Schanelec, Berlin; ZDF, Mainz
    Sales: Nachmittagfilm
    Printversion: OV ST ENGLISH
    Festival: Berlin (Forum)
    Alors qu’elle retourne dans sa maison au bord du lac, Irene, une comédienne de théâtre, rejoint son frère Alex, son fils Konstantin et sa fiancée Agnes. Chacun se retrouve dans une confusion de sentiment faite de rancœur et d’amertume. Car le passé reste difficile à partager, et a laissé certaines cicatrices. La mère et le fils essaient, en vain, de renouer un lien trop fragile. Konstantin se détache également d’Agnes. En trois jours, Angela Schanelec fait vivre à ses protagonistes ce que les personnages de La Mouette de Tchékhov vivent en 2 ans. S’inspirant librement de cette pièce, le cinéma, de la réalisatrice allemande, est proche de celui de Bergman, lorsqu’elle exprime le malaise et la déchéance de cette famille.

    Ecrans (Libération)

Samedi 14 juillet

    18h15 > PARPADOS AZULES (Blue eyelids)
    MEXICO, 2007, 98’
    Director: Ernesto Contreras
    Screenplay: Carlos Contreras
    Cast: Cecilia Suarez, Enrique Arreola, Ana Ofelia Murguia, Tiare Scanda
    Production: Agnecia Sha
    Sales: Funny Balloons
    Print version: OV ST FRENCH
    Festival: Cannes (Semaine de la Critique)
    Gagnante d’un voyage pour deux personnes dans un endroit paradisiaque, Marina, une jeune femme effacée, réalise n’avoir personne avec qui partager ce lot. Faute de mieux, elle décide de proposer à un quasi-inconnu, Victor, de l’accompagner… Leurs existences, ou plutôt leurs transparences se rejoignent alors ; de là à ce que l’amour s’ensuive ? Etonnante, la balade proposée par Ernesto Contreras est aussi sensible, chronique d’une rencontre improbable entre deux individus que l’auteur réussit, par-delà leur effacement, à rendre éminemment attachants. Egalement portrait en creux du Mexico d’aujourd’hui, le film trouve ainsi sa musique propre et séduisante, à l’instar du This strange effect écrit par Ray Davies pour Dave Berry, qui en est l’un des motifs récurrents…

    Semaine internationale de la critique