• A la suite de fouilles approfondies, John a réussi à dénicher dans les archives de France Culture une interview de Brian Evenson à l’occasion d’une émission littéraire et de son traducteur français Caro (je parlais déjà d’eux ici). L’émission est disponible ici (attention, ce lien n’est pas du http mais le protocole vers un fichier realaudio, le format que tout le monde adore détester).
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  • Hand Bookbindings : Plain and Simple to Grand and Glorious. La bibliothèque de l’université de Princeton présente une exposition sur la reliure depuis le 12e siécle. Des images détaillées de diverses sortes de reliures avec l’excellent système de loupe virtuelle en shockwave que l’on trouve de plus en plus souvent dans les expos en ligne. [via]
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  • New York Times : Forever Young. A l’occasion des 50 ans de la publication de Lolita, un article sur Nabokov, son œuvre la plus célèbre et toutes les difficultés qu’il a eu pour la faire publier.
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  • 365 Tomorrows est un collectif d’auteurs de science fiction qui proposent chaque jour une nouvelle originale de sf spéculative. Le projet va durer du 01 août 2005 jusqu’à la fin de juillet 2006. [via]
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  • The Quote Garden est un site qui réunit des images de tatouages représentant des citations littéraires.
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Olympos par Dan Simmons

J’ai pris un peu de retard avec les reviews de mes lectures. Donc je m’y remets. Il y a quelques temps, j’ai terminé Olympos. Il s’agit de la suite d’Ilium de Dan Simmons. Simmons est un écrivain majeur de la sf contemporaine. Hyperion est un très grand roman de space opera. Et ce malgré le fait que je n’ai pas aimé sa suite Endymion, que je trouve ratée et inutile.
J’avais dévoré Ilium, un récit particulièrement dense et passionnant qui combinait plusieurs trames complexes. On y suivait les aventures de terriens hédonistes et quelques peu décérébrés ronronnant dans une civilisation de loisirs et d’éternelle jeunesse, jusqu’à ce que plusieurs d’entre eux essaient de réfléchir par eux même et que le chaos survienne. Parallèlement, le panthéon des dieux grecs, anciennement humains et améliorés via la nano technologie et des altérations quantiques jouent à la guerre en grandeur nature sur Mars. Ils ont « ressuscités » les héros de l’Iliade et recréé la guerre de Troie. Des spécialistes d’histoire antique, originaires du 20e siècle, ont également été ressuscités et vérifient que la guerre se déroule bien selon les descriptions d’Homère. Enfin, les perturbations quantiques provoquées par les dieux risquant de détruire la trame même de l’univers, une troisième sorte d’acteurs, les moravecs, sont envoyés en mission sur Mars. Les moravecs sont les descendants éloignés de robots d’exploration de Jupiter et d’autres planètes hostiles. On suit particulièrement deux représentants respectivement passionnés de Proust et de Shakespeare, qui parsèment l’histoire d’analyses érudites de leurs œuvres.
Le roman était excellent et se terminait sur un final apocalyptique qui donnait très envie de lire la suite. Malheureusement, celle-ci est en demi teinte. Simmons est très doué et il est difficile de déposer le roman avant de l’avoir terminé. Le récit est plein de bonnes idées et bien construit mais les pistes tracées par le premier roman finissent un peu trop souvent n’importe comment. Sans vouloir faire de mauvais jeux de mots, il y a un peu trop de Deus Ex Machina pour expliquer le pourquoi du comment. Sans vouloir trop dévoiler l’histoire, je dirais juste que de nouveaux personnages apparaissent vers la fin de l’histoire et règlent pas mal de problèmes. Une dernière bizarrerie : Simmons nous rajoute un agenda politique pas vraiment subtil en rapport avec la situation actuelle au Moyen-Orient.
Au final, du très bon, du moins bon, mais de toute manière ceux qui ont aimé Ilium l’achèteront pour connaître la fin.




la bibliothèque de Jean Libis

Le narrateur profite d’un congé sabbatique pour faire des recherches dans une bibliothèque de province. C’est un univers feutré, peuplé de table en bois qui fleurent l’encaustique et d’alignement de volumes vénérables reliés en cuir. Les pôles de cette bibliothèque sont un aquarium géant peuplé de poissons neurasthéniques et un jardin en perpétuelle mutation ou grouillent insectes étranges et plantes en tous genres. Le narrateur, quand à lui, se passionne pour le dictionnaire de théologie en 28 volumes, ouvrage dont les notices vont produire chez lui certains bouillonnements métaphysiques et charnels. Entre Raymond Lulle et le souvenir de ses émois amoureux d’adolescent.
Un joli petit roman qui s’amuse à accumuler les locutions savantes et à utiliser une langue ouvragée. Le tout au service d’un récit volontairement assez vain (et très français) mais jubilatoire pour l’habitué des bibliothèques que je suis.




Snow Crash et derniers achats

Malgré les multiples piles de livres qu’il me reste à lire, je suis pris de temps en temps d’envies de relecture. Assez curieusement, ce sont des principalement des romans de science-fiction cyberpunk. Souvent du William Gibson pour être plus précis. Je ne sais absolument pas pourquoi je suis pris de ces crises… Cette fois ci, c’était du Neal Stephenson avec Snow Crash, le roman qui l’a fait connaître. Je ne vais pas trop m’étendre sur le sujet ici. Stephenson et Snow Crash ont été traités à profusion sur Internet. L’auteur est vite devenu un favori des informatico –geeks fans de sf. Pour plus de détails sur le livre, je vous renvoie à la notice de wikipedia. Si vous ne le connaissez pas encore, je vous conseille ce roman (post)cyberpunk qui mélange dans un grand fouilli souvent jubilatoire des visions futuristes de privatisation et balkanisation des Etats-Unis, un univers virtuel qui a inspiré Second Life, des outils informatiques qui ont inspirés Google Earth, des virus neurolinguistiques et la livraison de pizzas.
La relecture de Snow Crash était annonciatrice d’une poussée d’envie de sf. En gros, je suis en train de lire Olympos, de Dan Simmons, la suite de l’excellent Illium. Et ont été achetés, sont en commande ou en voie d’être achetés : Eastern Standard Tribe de Cory Doctorow, Accelerando de Charles Stross (je sais que les deux sont disponibles gratuitement en version electronique, mais je préfère le papier et autant encourager ce genre d’initiatives), River of Gods de Ian McDonald et The Algebraist de Iain M. Banks. Si cela vous intéresse, ces deux derniers ouvrages sont disponibles dans l’offre estivale de deux livres plus un gratuit chez Waterstones (en tout cas ici à Bruxelles). Plus d’infos quand j’aurais lu tout ça…




Le Clan des Otori, tome 2 : Les Neiges de l’exil de Lian Hearn

Il m’arrive de lire des livres jeunesse dans le cadre de mon boulot. C’est un secteur que je ne connais pas très bien et je comble petit à petit mes lacunes.
Le clan des Otori de Lian Hearn est une série qui est conjointement publié dans une collection jeunesse de Gallimard et chez Folio pour un public plus adulte. On retrouve souvent les livres dans les sections jeunesse et adulte des bibliothèques.
Quoi qu’en dise son pseudonyme, l’auteur est un femme. Une anglaise passionnée de culture japonaise. La série est un solide histoire d’aventure dans la Japon médiéval : amour, guerres de clans et roman d’apprentissage avec une touche de fantastique.
Seul bémol : un arrière fonds religieux qui ne me plait pas trop. Le héros est un catholique sans que le terme soit clairement explicité (il fait partie d’une secte de parias / chrétiens croyant en un dieu unique). Et dans l’histoire Kwannon ressemble un peu trop à la Vierge… De plus les homosexuels sont un peu clichés et fourbes. Je suis peut être devenu parano, mais entre le message religieux et l’homophobie, je sens une tendance à la Orson Scott Card.
En dehors de cela, les romans sont bien foutus et agréables à lire. J’ai terminé le tome 2 et je vais lire le troisième et dernier tome un de ces jours…




Chroniques des années noires de Kim Stanley Robinson

En tant qu’historien fan de science fiction, l’uchronie est un genre que j’apprécie tout particulièrement. Dans le genre, Chroniques des années noires de Kim Stanley Robinson est vraiment excellent. Le livre décrit l’histoire du monde après que 99% de l’occident chrétien ait été balayé par la peste noire au 14e siècle. A travers une série de personnages se réincarnant et ayant des existences entrelacées on découvre l’évolution des civilisations musulmanes, chinoises, indienne, japonaise, etc. sans l’influence de l’occident.
Au travers de leurs différentes réincarnations, les différents personnages seront des enfants, adultes, hommes, femmes, humains ou animaux mais gardent le cœur de leur personnalité. On retrouve ainsi un révolté, un romantique, un intellectuel qui reviennent de manière récurrente au fil de leurs réincarnations, ne se rappelant de leurs existences antérieurs que lors de leur passage dans le bardo à la fin de leur vie.
Le roman est dense, passionnant et un véritable délire d’érudition historique, mélangeant personnages de notre histoire et spéculation sur les possibilités d’évolution géopolitique alternatives. Au-delà d’un étalage d’érudition stérile qui aurait vite été indigeste, c’est surtout un roman très humain qui se concentre sur l’évolution de l’humanité, l’influence des hommes à l’échelle individuelle, la liberté, la place des femmes dans la société, le rapport entre l’homme et la technologie, et la liberté.
Si vous avez le courage de vous lancer dans cette lecture (c’est une grosse brique assez touffue), allez-y, vous ne serez pas déçu.
Le roman m’a tellement plu que cela me donne envie de me lancer dans sa monumentale trilogie martienne qui m’a l’air tout aussi fantastique.
Pour ceux qui ont lu Chroniques des années noires, je vous renvoie à deux ressources intéressantes, ces notes de lecture, et cette ligne du temps des événements décrits dans le roman.
Juste un détail encore. J’espère qu’un jour les maisons d’édition cesseront de faire des traductions foireuses des titres de romans en anglais. Le titre original est The Years of Rice and Salt, une expression de poésie chinoise que l’on retrouve dans le roman et qui signifie les années noires / de vaches maigres. Les années de riz et de sel, ce n’aurait pas été difficile et éviterait l’impression de retomber dans les pires travers des traductions de titres de films américains dans les années 80’/90’.




Ray Kurzweil

Un post rapide pour bookmarquer (c’est excessivement français tout ça) mes lectures. Entre deux livres, je lis les essais de Ray Kurzweil sur l’intelligence artificielle, les machines conscientes et l’extension de la durée de vie. Si cela vous intéresse, le tout est disponible en pdf sur son site




Le livre de sable de Jorge Luis Borges

J’ai découvert Borges de manière détournée, via un film, death and the compass, tiré de l’une des ses histoires. J’ai vu ce film il y a environ dix ans au festival du film fantastique et j’ai voulu découvrir l’auteur.
Borges est un érudit et cela se ressent au travers de ses textes. Son fantastique tient plus de la métaphysique et ses histoires sont trufées de références littéraires, artistiques ou historiques. L’une des nouvelles qui composent le livre de sable est même un hommage avoué à Lovecraft. Ses origines sont également au cœur de son œuvre. L’argentine et Buenos Aires transparaissent en filigrane dans la plupart de ses histoires.
De toute manière, comment ne pas aimer du fantastique intelligent écrit par l’ancien directeur de la bibliothèque Nationale de Buenos Aires…




Le caïd et autres nouvelles de William Faulkner & Blood music de Greg Bear

    Avec le printemps reviennent les petits livres à deux Euros de la collection Folio. De fins livres de poches ultaportables qui permettent de (re)découvrir des auteurs. Là, je viens de terminer le caïd et autres nouvelles de William Faulkner. La nouvelle titre suit l’ascension d’un fermier du sud des Etats-Unis via le trafic d’alcool durant la prohibition. Et ses rêves perdus d’avance de s’intégrer dans la grande bourgeoisie. Le reste des nouvelles quitte le sud torturé cher à l’auteur pour aller se balader en Suisse ou en Angleterre. Ce recueil fait découvrir des facettes peu connues de l’œuvre de Faulkner.
    Je viens de terminer Blood Music de Greg Bear et c’était vraiment bon. Un ouvrage de science fiction, de la hard science fiction pour être plus spécifique. Sans vouloir dévoiler toute l’histoire, on y suit un scientifique qui travaille dans un futur proche sur des ordinateurs cellulaires. Sans prévenir ses employeurs, il crée de cellules intelligentes qui apprennent à coopérer. Une fois ses recherches découvertes ses employeurs l’obligent à détruire le résultat de ses expériences. Il tente de sauver son travail en s’injectant les leucocytes qu’il a créé sur base de ses cellules. A partir de là une épidémie va se répandre et déclancher une apocalypse assez inédite. On est très loin des histoires classiques d’armageddon bactériologiques et plutôt en face de concepts de post et trans humanité, et de singularité technologique.
    Si vous aimez la hard sf, je vous le conseille, j’ai vraiment pris mon pied.



lectures

Je m’étais dis, avec beaucoup de confiance, qu’après chaque livre que j’aurais lu, j’allais poster une petite critique sur GG. Bien entendu c’était un vœu pieu et je me suis retrouvé aspiré dans un vortex de boulot, d’examens et d’absence de mises à jour sur le site. Je rattrape donc mon retard et voici, en vrac, mes dernières lectures :

    Les cavaliers de la pyramide de Serge Brussolo. Il me faudrait bien quelques pages pour parler de Brussolo. Entre lui et moi c’est une vieille histoire de couple. Je le lis depuis plus de quinze ans, avec des hauts et des bas. Brussolo est veritablement un genre à lui tout seul. Il a commencé il y a des années en écrivant des romans de science fiction au fleuve noir, chez Denoël dans la collection présence du futur et chez Gérard de Villiers. C’est la période que je préfère chez lui. Il avait une capacité de production assez incroyable et écrivait un roman quasi tous les deux mois. Le seul problème est qu’il lui arrivait de se rendre compte qu’il était arrivé au bout de son nombre de pages prescrits et il terminait ses histoires en vitesse et en nœud de boudin. Mais dans l’ensemble, il était incroyablement inventif. Ses meilleurs textes proviennent de cette période et il m’arrive de relire certaines de ses perles de cette époque.
    Par la suite, il s’est écarté de la science fiction pour écrire des romans historiques et des thrillers. Ses débuts dans ces genres étaient prometteurs avec des titres comme 3, place de Byzance et sa suite la maison de l’aigle ou le sourire noir. Mais ensuite, malgré que j’aie continué à le suivre, j’aimais moins ses histoires.
    Tout le monde n’est pas de mon avis et certains aiment beaucoup ses derniers romans. C’est peut être une question de goûts ou une lassitude de ma part pour les vieilles recettes et trames narratives de Brussolo. En tout cas, il m’est arrivé plusieurs fois de lire une dizaine de pages de ses derniers romans et de laisser tomber.
    Par contre, ce dernier titre est bien sympa et on y retrouve du Brussolo délirant de ses débuts. Une bonne surprise donc.
    Le château de Franz Kafka. Un classique que je n’avais pas lu. En fin de compte je préfère le procès. On sent que cette œuvre-ci est encore un peu trop inachevée. Kafka ne l’a d’ailleurs jamais terminé. Par contre, je sais que ses œuvres parlent plus de la vie que des administrations qu’il décrit, mais je ne peux m’empêcher de faire la comparaison avec ma situation professionnelle. La vie dans les bibliothèques publiques, ou du moins le chemin pour y rentrer, dépend souvent d’une administration aux décisions assez kafkaïenne…
    Histoire du livre, tome 2 : Le triomphe de l’édition de Bruno Blasselle. Un petit ouvrage documentaire de l’excellente collection Découvertes de Gallimard. Comme la plupart de mes lectures, il vient d’une bibliothèque mais je crois que je vais l’acheter un de ces jours. Je suis en train de me mettre en place un petit fonds de référence sur les livres et bibliothèque.
    Enfin, pour l’instant, je suis en train de lire un recueil de nouvelles de Faulkner, et je vous dirais quoi quand je l’aurais terminé…



Tony Hillerman

Hillerman
Je viens de terminer de lire Dieu qui parle de Tony Hillerman. Hillerman est l’un de ces auteurs dont je lis les ouvrages depuis plus de 15 ans. Il écrit des polars contemporains qui se déroulent dans la réserve Navajo qui s étend entre l’Arizona, l’Utah et le Nouveau Mexique. On y suit les enquêtes du lieutenant Joe Leaphorn et de Jim Chee de la police tribale Navajo. Leaphorn est le protagoniste des premiers romans de Hillerman tandis que Chee apparaît un peu plus tard. Le premier est un policier pragmatique qui respecte les coutumes Navajo, mais n’y voit que des coutumes. Le second est plus jeune et beaucoup plus religieux, parallèlement à son métier de policier, il étudie pour devenir shaman.
L’aspect passionnant de ces romans est que l’on découvre un univers qui nous est souvent inconnu (à moins d’être anthropologue). J’avoue que 95 % de ce que je sais des indiens Navajo, Hopis ou Zuni, je les connais grâce aux romans de Hillerman. Les traditions, la religion, et les cérémonies des indiens de la réserve sont souvent très présent dans ses romans et font partie intégrante de l’histoire. L’alchimie entre les personnages, les histoires et cet univers donne un résultat qui vaut vraiment la peine d’être découvert.
Les livres de Hillerman sont disponibles en français chez Rivages/Noir. Allez jeter un coup d’œil à ce site de fan (en français) pour plus de détails sur l’auteur et son univers, ainsi que pour voir dans quel ordre lire ses romans (toujours mieux pour suivre l’évolution des personnages).
Dernier détail : Hillerman est une star sur la réserve, il y a grandis et a été officiellement reconnu « ami des indiens ». De plus, Myriam, une collègue de la bibliothèque de Jette m’a raconté que l’on trouve ses romans partout dans la réserve, jusque dans la moindre station service où ils remplacent avantageusement les habituels Tom Clancy…




Bolle boeken-books

Je suis tombé sur le site de cette librairie bruxelloise que je ne connaissais pas et j’aime beaucoup ce qu’ils proposent. Les bouquins présentés m’ont vraiment l’air intéressants et la présentation du site est très jolie. On dirait juste qu’ils se sont un peu trop inspirés du design des critiques de livres sur le site de Jason Kottke.
Je sens que je vais aller leur faire une petite visite un de ces jours…




Zen and the Art of Motorcycle Maintenance

Pirsig
J’ai décidé de garder une trace de mes lectures sur GG. Je ne me lance pas dans du retro-catalogage et je commence donc à partir du dernier livre que j’ai lu.
Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes est un roman philosophique écrit en 1974 par Robert M. Pirsig. On y suit un voyage à moto réalisé par l’auteur à travers les Etats-Unis avec son fils Chris et un couple d’amis. Ce voyage est le prétexte à un exposé, un chautauqua donné par Pirsig. L’auteur mélange philosophie et histoire de sa propre vie. On apprend qu’il sort d’un hôpital psychiatrique où son ancienne personnalité (qu’il nomme Phèdre) a été détruite à coups d’électrochocs. Dans son ancienne vie il était un professeur d’anglais et de rhétorique passionné de philosophie. Tout va basculer quand il va se lancer dans l’étude du concept de qualité. A la suite de ses recherches il met en place un système philosophique qui divise la pensée humaine en deux types : romantique et classique. Surtout, il voit en la qualité la force créatrice au cœur de toute chose et qui transcende la dualité traditionnelle entre sujet et objet. Cette quête de la qualité va l’entraîner dans la folie.
Au moment de son voyage, l’auteur est devenu rédacteur de manuels pour ordinateurs. C’est ici qu’entre en jeu l’entretien des motos. Pirsig est un technicien passionné de mécanique, un parangon de la pensée classique. Il veut nous faire comprendre l’importance de la connaissance de la technologie. Mais plus encore il veut faire le lien entre la pensée classique et la romantique. Et veut éliminer la crainte anti-technologique qui va souvent de pair avec la pensée romantique. Pour lui, le Bouddha se trouve au cœur de la moindre vis du moteur d’une moto ou d’un circuit d’ordinateur.
Au fil du livre on se rend compte qu’il veut surtout faire le pont entre Phèdre, son ancien moi romantique, et son nouveau moi classique. Réunies, les deux personnalités seront plus que la somme des parties.
A la suite de ce livre Pirsig a développé ses réflexions pour créer la métaphysique de la qualité. Je ne suis pas d’accord avec toutes ses idées, mais j’aime beaucoup sa philosophie sur le rapport avec la technologie. Le livre a eu beaucoup de succès à l’époque et continue à bien se vendre. Ses idées sur la technologie se retrouvent en filigrane dans la philosophie du net et de certains concepts informatiques. Je suis intimement persuadé qu’il y a un rapport.
Le livre est plus facile à lire qu’un ouvrage de philosophie mais moins qu’un roman classique. Si le sujet vous intéresse, je vous conseille (comme souvent avec les objets importants de la culture contemporaine) d’aller jeter un coup d’œil sur la notice de Wikipedia. Ils reprennent des liens vers un site dédié à la métaphysique de la qualité et vers une collection de photos prises durant le voyage de Pirsig. Je vous rajoute le lien vers le livre sur amazon.com : il est toujours amusant de jeter un coup d’œil aux critiques des lecteurs. Les avis sont très tranchés, les gens adorent ou détestent. Et les avis négatifs sont souvent peu développés : les lecteurs se plaignent de ne rien avoir compris et expliquent que l’auteur doit être fou puisqu’il est passé par des séances d’électrochocs.
En fin de compte, je vous le conseille. Tout n’est pas bon, mais il se peut que vous trouviez le Bouddha entre deux explications sur le démontage d’un moteur.

Update (07/12/2006): voici une excellente interview avec Robert Pirsig.