• Sur le site du magazine de SF, Locus, une petite interview de Bruce Sterling. Il est avec William Gibson, l’un des fondateurs du mouvement cyberpunk. S’il n’écrit plus trop de romans, il reste très actif au niveau d’Internet et en tant que conférencier…
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Spook Country de William Gibson

Lorsque j’ai découvert William Gibson, ce fut dans l’édition française des sa première trilogie (Neuromancien, Comte zéro et Mona Lisa s’éclate). J’étais très branché cyberpunk et il ne me serait pas venu à l’idée d’aller voir plus loin et de trouver ses ouvrages en anglais. Je ne me suis mis à lire Gibson en VO qu’à partir de sa trilogie du pont et j’ai alors découvert un tout autre univers. La prose de Gibson est absolument incroyable, j’ai même envie de parler de poésie urbaine pour décrire son écriture. L’équivalent le plus proche est la photographie urbaine des films de Michael Mann. Moins que d’actions, ses histoires sont un assemblages de textures et de sensations. Cet aspect est de plus en plus marqué dans son oeuvre. Au fil de ses romans ses histoires se font de plus en plus dépouillées. Si l’histoire reste un thriller, les rebondissements et coups d’éclats se font minimaux et n’affecte pas plus le monde qui entoure les personnages que les rides d’un caillou jeté dans l’eau.
Spook Country s’est même dépouillé de la vision futuriste qui a longtemps été la marque de fabrique de Gibson. Comme Pattern Recognition, l’histoire ne se déroule plus dans le futur, mais dans un passé proche. L’auteur s’en est expliqué par le fait que l’accélération et la transformation de notre quotidien est telle que l’ancrage en un point afin de deviner le futur est devenu impossible. Il préfère maintenant s’intéresser au présent, ce qui finalement revient au même si, comme il a l’air de le dire, notre société arrive au seuil critique de complexité qui précède l’apparition de propriétés émergentes.
Un autre aspect étrange du minimalisme de son récit est qu’il renvoie sans vraiment le dire aux échos des créations précédentes de Gibson. Plus spécifiquement, la vision de l’univers virtuel qu’il a semé dans la culture populaire et qui lui revient, plus de vingt ans plus tard et après milles déformation, sous la forme des créations artistiques géo-localisés décrites dans Spook Country (je vous laisse découvrir tout ça à la lecture du livre).
Finalement la structure du récit est en creux, et son contenu est plus à l’extérieur qu’à l’intérieur de celui-ci.
Je ne sais pas si le roman plaira aux amateurs des premiers ouvrages de l’auteur, mais pour moi il est excellent et se hisse au niveau de Pattern Recognition. Si la voix de William Gibson se fait de moins en moins forte, ses silences sont chaque fois un peu plus puissants.

(update) voici une des nombreuses interview de l’auteur, celle-ci dans Roling stone.




  • Cory Doctorow est l’un des rédacteurs de Boing Boing et quelqu’un que la moitié d’Internet semble adorer détester. A l’origine, il est surtout un auteur de science-fiction et il a récemment écrit une nouvelle nommée Scroogled. Il y imagine ce qui se passerait si Google passait du côté obscur de la collecte d’information. Chose assez rare pour le signaler : la nouvelle a été traduite en français et est disponible ici.
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  • Les nominés des prix Hugo pour 2007 ont été élus et voici les résultats. La novelette The Djinn’s Wife d’Ian McDonald qui a été élue dans cette catégorie est disponible sur le site de la revue Asimov’s. Je ne sais pas quelle est leur politique de mise à disposition de leurs textes et s’il va rester longtemps en ligne. L’histoire se déroule dans l’univers cyberpunk indien de son excellent River of Gods, dont je ne désespère pas d’écrire une critique un de ces jours. Quoique si je désespère quand même un peu…
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  • Un micro clip du toujours excellent Robot Chicken sur un petit souci de compréhension entre la FCC (la commission de régulation et de surveillance des communications et de la télévision aux Etats-Unis) et Battlestar Galactica… Frack !
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  • Une armée d’occupation débarque et tente de cohabiter avec la population. Les envahisseurs engagent des membres de la population pour former une police. Tortures, arrestations arbitraires, et disparitions poussent les insurgés à lancer des attaques suicides contre les occupants. Je ne suis pas en train de parler des informations que l’on reçoit tous les jours dans les journaux mais d’une série de science-fiction. La meilleure depuis un long moment. Je parle bien sûr de Battlestar Galactica. Et cette similitude entre actualité et fiction est analysée dans cet article du Guardian. Entre l’emballage de caisses pour mon déménagement temporaire (j’en reparlerais) je viens de terminer la troisième saison. Elle est un peu plus faible que les deux premières. Cela s’explique par le fait que les producteurs ont un peu trop poussé à la réalisation d’épisodes isolés de l’histoire de base. Mais cela reste excellent et certains épisodes sont d’incroyables réussites. En attendant la quatrième et dernière saison qui débute en novembre aux Etats-Unis, je dissèque les épisodes avec l’indispensable wiki dédié à la série. Il contient une foule d’informations et on sent ici toute la puissance de l’outil collaboratif.
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  • J’ai une semaine de retard mais voici la suite et la fin de l’affaire des Orphelins de Naja. Pour résumer, Denis Guiot directeur de la collection de science-fiction jeunesse “Autres Mondes” chez Mango racheté par Fleurus avait dénoncé en février un cas de censure de la part de la direction éditoriale vis à vis d’un ouvrage dénonçant certaines pratiques pédophiles au sein d’une Eglise du futur sur une planète nouvellement colonisé. Il faut rappeler que Fleurus est une maison d’édition d’origine catholique et que pour Denis Guiot, cette décision venait d’une crainte vis à vis des actionnaires. Tous les détails de l’affaire dans cette discussion sur le forum d’ActuSF.
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  • Un titre de science fiction (quoique ses derniers ouvrages sont à la convergence de plusieurs genres) dont j’attends la sortie avec beaucoup d’impatience. Spook country, le nouveau livre de William Gibson sort aux Etats-Unis ce 7 août. Plus d’informations et une petite interview de l’auteur sur le site de William Gibson. Il est depuis longtemps l’un de mes auteurs préféré.
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  • Une liste (assez juste) de 10 auteurs de science-fiction qui secouent le monde de la sf en ce début de 21e siècle.
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  • Sanctuary : une nouvelle série fantastique dont les premiers épisodes sont diffusés sans DRM (donc redistribuables librement) et disponibles (entre autre) sur YouTube. Voici déjà les deux premiers épisodes (ici et ici)
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  • YouTube : Cornell Robotic Chair : un étrange projet de chaise robotisée. Cela me fait penser aux claws/pinces de Philip K. Dick (popularisées par le film screamers). D’abord elles apprennent à se faire passer pour des chaises normales, ensuite elles tueront tous les humains… (via)
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the amazing screw on head

Sci-fi channel a diffusé le pilote d’une série animée tirée du comics steampunk de Mike Mignola “the amazing srew on head“. On y suit les aventures d’une tête robotisée, espion du président Abraham Lincoln et spécialiste des menaces occultes. The amazing screw on head sauvera-t-il la terre des forces maléfiques réveillées par son ennemi l’empereur zombie et ses associés ?
Dans le cas d’un feedback positif des spectateurs, Sci-Fi channel à promis de commander une série complète. Ils diffusent la vidéo sur leur site mais le visionnage est réservé aux américains. Heureusement, la vidéo se trouve également sur YouTube : première partie , deuxième partie et troisième partie. Les dessins sont de Mike Mignola et le résultat final est excellent. On retrouve vraiment le style et l’ambiance des comics du créateur de Hellboy. Ce n’est par contre pas le cas dans cette preview de la future version animée du gamin de l’enfer… (via)




Le grand vaisseau par Robert Reed

Le Grand Vaisseau est vaste comme un système solaire et vieux de plus d’un milliard d’années. Il dérive, vide et abandonné, à proximité de notre galaxie lorsque les Terriens s’en emparent. Après l’avoir colonisé, ils le transforment en paquebot de luxe, qui emporte plus de cent milliards de représentants de toutes les espèces intelligentes de la Voie lactée pour une croisière au milieu des étoiles. Un capitaine principal et cinquante mille capitaines secondaires gèrent les milliers de salles aussi vastes que des lunes, dotées chacune d’un environnement adapté à ceux qui s’y installent. Pendant ce temps, le vaisseau cherche à communiquer avec ceux qui l’ont capturé, mais personne ne l’entend.
Nul ne sait d’où vient le vaisseau, ni à quoi il sert. Jusqu’au jour où les capitaines découvrent, au coeur même de l’immense artefact, une chambre dissimulée contenant une planète au noyau de métal opaque, qu’ils décident d’explorer malgré le danger. Le secret du vaisseau est à ce prix.

Le nom de Robert Reed n’est pas inconnu des amateurs de science fiction. Il s’est fait connaître par des titres tels que le lait de la chimère ou le voile de l’espace. Ses histoire combinent une grande originalité et un intérêt poussé pour la psychologie de ses personnages. C’est un créateur d’univers hors pair. Et à l’inverse de beaucoup de titres de SF, la psychologie de ses personnages est souvent aussi (si pas plus) importante que les autres aspects de ses histoires. Cela m’avait particulièrement marqué dans Le lait de la chimère, titre par lequel je l’avait découvert. On y suit les aventures d’une bande d’enfants issus de manipulations génétiques. Tous possèdent des “pouvoirs” particuliers et ensemble ils essaient de trouver leur place dans un monde en mutation. Les relations entre les personnages et l’histoire de cette bande de copains sont le pivot de l’histoire et pas le côté scienfictionesque (sic).
Dans son dernier opus traduit en français, il s’essaie au space opera. Comme souvent dans ce sous genre de la SF, l’échelle est démesurée. Pas de grand empire galactique, mais des multitudes de races extraterrestres et surtout le grand vaisseau et son équipage humain. Le vaisseau est vaste comme un système solaire et son équipage humain immortel. Les salles sont vastes comme des lunes et la moindre occupation des humains s’étale sur des milliers d’années. Cette échelle crée un style froid, dur, et glacé comme les océans d’hydrogène liquide qui alimentent les moteurs du vaisseau. Beaucoup de critiques ont reproché cette froideur à Reed. C’est justement ce que j’ai apprécié dans son histoire. Cet aspect lisse et résolument post-humain est la plus grande réussite du roman. Vers la fin de l’histoire on revient à des préoccupations plus traditionnelles, psychologiques et habituelles chez Reed : luttes de pouvoir, trahisons et combats idéologiques. Le roman y perd alors en force et les explications de Reed ne sont pas toujours satisfaisantes. Le phénomène est curieux. Alors que d’habitude, c’est la psychologie des personnages que j’aime chez lui, dans ce cas ci c’est sa distanciation de leur humanité que j’ai apprécié.
Tous les secrets du vaisseau n’ont pas été dévoilés, mais le roman est le premier tome d’une trilogie. Je vais attendre la suite et voir comment il développe son histoire. Convaincu ? Pas totalement. Mais séduit, intrigué et curieux de retrouver les vastes paysages étrangers du grand vaisseau. (pour ceux que ça intéresse, le premier chapitre est disponible en ligne et en français).




dernières adaptations SF

Sur le front des adaptations de livres voici deux titres intéressants.
Premièrement The Prestige (la bande annonce) réalisé par Christopher Nolan qui nous avait donné les excellents Memento et Batman Begins. Le film est tiré du roman du même nom de Christopher Priest. Je me souviens d’avoir été un peu déçu par ce roman dont on disait beaucoup de bien. J’avais adoré son roman de SF Le monde inverti. Et l’univers du Prestige, qui combine magiciens du début du siècle et inventions Steampunk de Nikola Tesla, présageait de bonnes choses. Au final, je n’ai pas vraiment été convaincu. D’après moi, c’est plus une question de sensibilité personnelle que de qualité intrinsèque du roman. En tout cas, l’adaptation se révélera peut être être une bonne surprise.
Ensuite Children of Men (la bande annonce) réalisé par Alfonso Cuarón dont le Y tu mamá también l’avait propulsé à la réalisation du dernier Harry Potter. Le scénario est tiré du roman Les fils de l’homme de P.D. James. C’est là le premier roman de SF de l’auteur bien connue de roman policiers. Je ne l’ai pas lu, mais le roman ainsi que le film me font envie. Selon les forums d’AlloCiné, le réalisateur semble avoir pris des libertés par rapport à l’histoire originale. Mais à la vue du trailer, le résultat peut être intéressant. J’avoue aussi que je suis un fan de longue date des scénarios futuristes apocalyptiques. On ne se refait pas…




  • Quarante-deux est un site de ressources consacré à la science fiction française ou traduite en français. On trouve une base de données des monographies, une liste des prix littéraires de science fiction français, un fanzine, des blogs consacrés au sujet, des nouvelles, articles, études, etc. La navigation au sein de toutes ces informations est un peu confuse mais le site est très intéressant.
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  • Sur Google vidéo (1h 11 min 30 sec), La planète Sauvage de René Laloux et Roland Topor entièrement remixé par everyone.doesntexist à grand coup d’Aphex Twin, Venetian Snares, Prefuse 73, etc. Assez splendide. (via)
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  • Un guide de lecture, destiné aux étudiants en littérature et consacré à Neuromancien de William Gibson. Un mélange dense d’informations, de références et de questions sur le plus fameux roman de Gibson. Certainement indigeste pour certains, je trouve le guide passionnant. Je m’en vais ressortir mon exemplaire usé par de multiples relectures…
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